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 Tome 3 d'Eragon

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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Ven 16 Mai - 11:48

- En fait, il a l’âge de former un successeur, avoua la rôdeuse, hésitante. Il ne reste que très peu d’alchimiste de par le monde et c’est le seul de notre clan. Nous avons toujours pensé que son héritier serait Erel…Mais il est mort comme tu le sais et nous n’osions pas aborder avec lui cette douloureuse question…
Le dragonnier resta interdit. Jamais, jamais il n’aurait imaginé que cela aurait une telle ampleur pour ce clan, ni qu’Attorio ne lui accorde un tel honneur car c’en était un véritablement.
- Mais…mais je croyais qu’on vous attribuait vos fonctions à 16 ans, bégaya le jeune homme. Ton cousin est mort jeune !
- Il avait 22 ans mais devenir alchimiste nécessite une certaine maturité donc nous préférons attendre la vingtaine ! Qui plus est, il était assassin depuis ses 16 ans…
- Pourquoi moi ? demanda Murtagh, complètement perdu. Pourquoi ? Je ne le mérite pas…
- Raconte-moi ce qui s’est vraiment passé, demanda Calyst d’une voix douce.
Murtagh se leva et lui ouvrit la porte avant de s’asseoir sur son lit. La jeune femme entra dans la cabine et s’adossa à la fenêtre. Le dragonnier lui conta alors l’entrevue avec son oncle et se tut, attendant sa réaction. Elle resta pensive avant d’admettre :
- Je ne sais vraiment pas quoi te dire, Murtagh ! Mon oncle a été dévasté à la mort de son fils et j’ai bien cru qu’il ne retrouverait jamais le sourire !
- Mais pourtant, il a l’air si…
- Joyeux ? Cet état ne date que depuis votre rencontre, je t’assure ! On dirait qu’il a trouvé une nouvelle raison de vivre ! Comme si…
Elle hésita mais devant le regard inquisiteur de son ami, elle poursuivit :
- Comme si il s’était trouvé un autre fils…
Murtagh tomba des nues. Jamais il n’aurait pensé que l’alchimiste ne ressente une telle chose pour lui et cela le troublait. Devant son désarroi, la rôdeuse voulut se justifier :
- Enfin un fils à problème, quelqu’un à aider…Il a beaucoup de cœur, tu sais, te savoir dans cette situation doit le ronger…
- Je ne sais pas comment était ton cousin, la coupa le dragonnier d’une voix sombre, mais je ne suis pas comme lui. C’était sûrement quelqu’un de bien et moi, je suis un Parjure !
Calyst lâcha un soupir, excédée :
- Toi, tu es avant tout Murtagh, un dragonnier ! Oublie un peu le roi, ce n’est pas lui qui te façonne mais uniquement toi !
Elle continua avec un petit rire :
- Et mon cousin n’avait rien du garçon parfait !
Ils se turent mais c’était trop tard, la curiosité du jeune homme était piquée au vif :
- Comment était-il ?
- Double, répondit simplement la rôdeuse. Tantôt espiègle, doux et malicieux comme son père. Et parfois sombre, ténébreux, mystérieux comme si un mal étrange le rongeait. Mais il avait un énorme charisme, je l’adorais et c’était le meilleur ami de mon frère. Chaque personne qu’il croisait avait envie de se lier à lui, de le protéger…
Elle se gratta le menton avant de conclure :
- Finalement, il a eu l’œil Oncle Attorio ! Tu lui ressembles !
Murtagh éluda la remarque :
- Comment est-il mort ?
Le visage de la rôdeuse s’assombrit :
- Lors d’une mission, il est tombé dans une embuscade tendue par le roi…Mon frère s’en est sorti mais pas lui !
Ils se turent, chacun ressassant ses blessures avant que le dragonnier ne demande :
- Mais si jamais j’acceptais…Te rends-tu compte de ce que ça signifie si le roi me capture de nouveau ? Je suis toujours à son service…
Calyst haussa les épaules :
- Vivre dans la peur de Galbatorix ne t’apportera rien de bon, Murtagh. Va de l’avant, essaye de voir plus loin que ton emprisonnement ! Attorio est intelligent, si il te l’a proposé, c’est qu’il pense que tu es digne de relever ce défi et qui sait…Tu pourras sans doute apprendre des choses que tu ne soupçonnais même pas !
« N’oublie pas ce qu’il a dit, renchérit Thorn, la réponse est en toi ! »
Murtagh adressa un sourire honteux à son dragon :
« Pardonne-moi pour tout à l’heure… »
« C’est oublié une fois de plus ! »
« Tu as bien fait d’appeler Calyst, c’était d’elle que j’avais besoin ! »
« La même tristesse bonhomme, je te l’ai dit ! »
Le jeune homme se leva :
- Je suppose que je n’ai plus qu’à aller m’excuser…
- Je ne crois pas t’avoir dicté une seule fois la conduite à adopter mais celle-ci me semble toute indiquée, en effet, sourit la jeune fille.
- Je sais que ça n’a pas été facile pour toi de m’avoir révélé tout ça et je suis désolé d’avoir raviver de vieilles blessures…
Il s’approcha et déposa un léger baiser sur la joue de son amie :
- …mais tu as bien fait !
Il sortit et la rôdeuse attendit qu’il soit loin pour sourire avant de se toucher la joue :
- Il me surprendra toujours… »

Le jeune homme se rendit sur le pont arrière et retrouva Attorio qui était prostré dans son mutisme, toujours accoudé au bastingage. A son arrivé, il leva un sourcil interrogateur. Celui-ci se posta près de lui :
- J’ai parlé avec votre nièce. Pourquoi ne pas m’avoir dit tout de suite les raisons de votre proposition ?
- Ce ne te regardait pas et elle n’avait pas à t’en parler, fit l’alchimiste avec lassitude.
- Bien sûr que si ça me concerne ! riposta violemment le dragonnier. Vous deviez apprendre l’alchimie à votre fils et il est mort !
Le visage d’Attorio se renferma et ses yeux brillèrent dangereusement :
- Fais attention à ce que tu dis…
- Je ne me tairais pas, prévint doucement Murtagh. Je ne serais pas un autre Erel, je tenais à vous le dire ! C’est inutile de reporter sur moi l’affection que vous aviez pour lui, je ne veux pas être un fils de substitution !
Il se tut, haletant, et attendit la réaction de l’homme qui semblait fulminer. Cependant, ce dernier dit d’un voix calme et contenue :
- C’est Calyst qui t’a parlé d’Erel ?
- Oui. En fait, on en avait discuté avant mais…
- Mon fils me manque atrocement, le coupa Attorio. Il ne se passe pas un jour sans que je ne regrette de ne pas l’avoir accompagné lors de cette fameuse mission. Et chaque nuit, je me réveille en hurlant parce que je le revois pousser de longs cris d’agonie…
Sa voix se brisa et il baissa la tête. Murtagh s’en voulut de lui faire traverser cette épreuve car il avait toujours été bon avec lui. Mais il préférait mettre les choses au clair. Il ne voulait pas du rôle de remplaçant. L’alchimiste tourna son regard rougi vers le jeune homme avant de dire d’une voix claire :
- Je suis désolé si ma proposition t’a blessée et je vais peut-être te vexer mais mon fils est irremplaçable ! C’était mon unique enfant, la chair de ma chair, et je l’aimais du plus profond de mon être ! Mais il a disparu et je me dois de tourner la page…la vie continue, acheva-t’il avec un sourire forcé.
Le dragonnier rougit légèrement. Calyst et lui l’avaient surestimé en pensant qu’Attorio le voulait en tant que doublure. Remarquant son trouble, l’homme reprit avec une voix moqueuse :
- Eh oui, je suis navré de te décevoir mais la seule raison pour laquelle je t’ai fait cette proposition, c’est que je veux t’aider !
Il posa une main hésitante sur son épaule et pour la première fois, le dragonnier ne se déroba pas :
- Même si tu n’es pas mon garçon, tu es quelqu’un de bien ! Tu me fais penser à un jeune chien qu’on aurait battu et enfermé pendant toute son enfance !
Ils restèrent quelques secondes ainsi. Murtagh ne savait pas quoi penser. Les intentions de l’alchimiste étaient bonnes et pour la première fois, il devait se l’avouer, il avait envie qu’on l’aide. Le fait que cela vienne d’une autre personne que le peu d’amis qu’il comptait lui procurait un peu de chaleur. L’image de son père solitaire lui apparut subitement :
« Tu vois, je ne suis pas comme toi finalement ! » ne put-il s’empêcher de penser, victorieux.
Il se tourna vers Attorio, le visage impénétrable :
- Je suis venu vous dire que j’acceptais d’être votre élève. J’aimerais apprendre l’alchimie et si je ne l’apprends pas avec vous, je le ferais avec quelqu’un d’autre !
« Bravo Murtagh, ricana Thorn, belle façon pour éviter de lui dire merci ! »
« C’est pas du tout ça ! »
« C’est bon, cœur de pierre, je te connais ! Tu es bien trop maladroit pour avouer que tu l’aimes bien cet Attorio ! »
Le jeune homme se renfrogna mais lorsqu’il se tourna vers l’alchimiste, le sourire rayonnant qu’il abordait lui confirma qu’il avait pris la bonne décision. Il se retourna et descendit les marches avant de le saluer légèrement de la main. Il ne vit pas Attorio élargir un peu plus son sourire avant que sa nièce ne s’approche furtivement de lui.
- On doit t’appeler Maître Attorio maintenant ? demanda-t’elle, amusée.
Son oncle se retourna et la fixa durement :
- Tu n’aurais jamais dû lui raconter tout ça sur Erel !
La jeune fille perdit instantanément son sourire :
- Excuse-moi oncle Attorio mais quand Murtagh m’a dit ce que tu comptais faire, j’ai été surprise !
- Ce n’était pas une raison…
La rôdeuse baissa la tête, honteuse. La voyant ainsi, l’alchimiste ne put s’empêcher de penser qu’Amràn et lui n’étaient pas frères pour rien…Il soupira et lui releva le menton :
- Enfin, peu importe, il semblerait que ce soit la raison de son revirement ! Je suppose que je dois te remercier...
- Je dois admettre que même moi, j’ai été prise au dépourvue. Murtagh n’est pas de notre clan alors qu’as-tu en tête ?
- En tout cas, il reste l’étranger qui a séjourné le plus longtemps sur notre navire à ce jour…
- Tu oublies ma mère !
Calyst le regardait avec un air de reproche et il s’excusa :
- Oui, ta mère mais pour elle c’était différent ! Et pour en revenir au jeune dragonnier, je fonde beaucoup d’espoirs en lui et je suis persuadé qu’il ne me décevra pas !
Sa nièce le dévisagea, perplexe :
- Mais tu connais sa situation…A moins que…
Elle croisa les mains dans son dos et se plaça face à son oncle :
- A moins que tu n’ais une idée sur la façon de le libérer ?
Attorio eut un petit sourire qui en disait long :
- Peut-être bien !
- Oooh ne te fais pas prier Oncle Attorio, supplia la jeune femme. Dis-moi ce que tu as en tête !
- Je dois faire des recherches car il me manque des informations et des ingrédients très rares mais il se pourrait que je sois sur la bonne voie !
Excitée, la rôdeuse applaudit :
- Excellent ! Lorsque Murtagh le saura…Tu es le meilleur, Oncle Attorio !
Elle l’embrassa avec ferveur et s’apprêtait à partir mais l’alchimiste la retint en souriant :
- J’aimerais que ça reste entre nous, Calyst ! Si jamais cela échouait, je ne suis pas sûr qu’il tiendrait le choc ! Nous arrivons tout juste à le faire changer, il sourit et devient un peu plus ouvert et confiant, inutile de lui donner de faux espoirs !
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Ven 16 Mai - 11:48

La joie qui émanait de la jeune femme s’estompa quelque peu avant qu’elle n’acquiesce et ne demande :
- Et le Général ? Est-il au courant ?
- Tu veux rire ? Il se doute de quelque chose car j’ai demandé à être celui qui surveillerait Murtagh mais tu sais bien qu’il ne peut pas me refuser grand-chose !
- Que dit-il ?
- Qu’il n’y voit pas d’inconvénient tant que ça n’entrave pas mes devoirs et que le dragonnier se tient tranquille !
Ils se turent quelques secondes avant que la rôdeuse ne le sollicite d’un ton hésitant :
- Tu sais, à propos de ma mère…Je me demandais si elle était toujours en vie…
Attorio la dévisagea, surpris :
- Pourquoi me parles-tu de ça maintenant ?
- Pour rien, répondit-elle en haussant les épaules. J’y repensais il n’y pas si longtemps. Le Général se tait mais si il savait quelque chose, il te l’aurait dit, je le sais. Et si toi tu étais au courant de quoique ce soit la concernant, tu me le dirais à ton tour n’est-ce pas ?
Elle planta son regard clair dans les yeux de son oncle qui ne cilla pas :
- Je suis sûr que c’est Murtagh qui t’a mis cette idée saugrenue dans la tête !
- Oncle Attorio…
- Si ton père ne veut pas te le dire, Calyst, ne compte pas sur moi pour cafter !
- Ce n’est pas ce que je te demande.
- Amràn et toi, vous avez une drôle de relation, constata Attorio en caressant la joue de sa nièce. Je n’approuve pas toutes ses actions mais si il ne te l’a pas dit, c’est qu’il avait ses raisons !
- Est-elle en vie ? Juste oui ou non.
L’alchimiste soupira avant de se pencher et de murmurer à son oreille :
- …Oui, mais je suis persuadé que tu t’en doutais déjà.
Il se redressa et ordonna d’une voix ferme :
- Maintenant file !
- Mais…
- Pars Calyst !
Devant le ton violent qu’il employait, la rôdeuse s’inclina et tourna les talons. Mais son cœur battait à la chamade et son esprit était embrouillé. Sa mère était en vie ? Bien que cette idée ait effectivement toujours trotté dans sa tête, le fait d’entendre quelqu’un d’autre le dire la stupéfiait. Si elle était en vie, pourquoi n’était-elle pas auprès des siens ? Pourquoi Amràn ne la faisait pas chercher ? La tristesse envahit son cœur comme une poigne glaciale. Soudain, elle se rendit compte qu’elle s’était rendue devant la cabine de Murtagh. Elle s’apprêtait à rebrousser chemin mais la porte s’ouvrit brusquement et le dragonnier surgit avant de stopper devant la jeune fille, surpris :
- Calyst ? Que fais-tu ici ? Ah au fait, j’ai accepté d’être l’élev…
- Je sais, le coupa gentiment son amie avec un sourire triste.
Il fronça les sourcils :
- Que t’arrive-t’il ?
- Ca n’a rien à voir avec toi, voulut le rassurer la rôdeuse.
- Je m’en doute, c’est pour ça que j’ai dit que t’arrive-t’il ?
- Ma mère est toujours en vie.
- Ah…
Elle allait partir mais le dragonnier lui attrapa fermement le poignet et la poussa doucement dans sa cabine avant de lui désigner son lit de la tête et de refermer la porte. La jeune femme voulut protester mais d’un regard, il lui intima de se taire. Elle soupira avant de s’asseoir sur la couchette en croisant les jambes. Il alla s’adosser sur le mur face à elle et croisa les bras en la fixant. Elle balança nerveusement les jambes avant que Murtagh ne se décide à demander :
- Comment l’as-tu appris ?
- Par mon oncle. J’aurais du lui demander plus tôt…
- Pourquoi ?
- Je lui ai simplement posé la question et il m’a répondu sans détour !
- Il t’avait menti avant ?
Elle secoua la tête :
- Par omission…Les habituels, demande à ton père et cetera ! Et puis, j’y ai repensé lorsque nous en avons parlé et je lui ai reposé la question juste…pour voir si il y avait du changement. Je ne sais pas, il a du estimer que j’étais prête à l’entendre !
Elle grommela :
- Mon frère devait le savoir depuis longtemps, ce faux-jeton !
- Tu vas aller parler à Amràn ?
- Pourquoi faire ? répliqua Calyst, morose. Il ne voulait pas me le révéler et je ne suis pas censée le savoir ! Il ne me dira rien !
- Force-le ! Oblige-le à te le dire, tu as le droit de savoir, non ?
La rôdeuse leva son regard agacé vers le dragonnier qui s’excusa :
- Oui, ton père est spécial !
Elle eut un petit rire avant de tourner la tête vers la fenêtre et murmura :
- Que dois-je faire ? La chercher ? Mais si elle est partie, elle avait sûrement une bonne raison…
Murtagh répondit avec ironie :
- Si tu veux mon avis, la bonne raison c’est Amràn !
Il y eut un long silence avant qu’elle ne se décide à avouer d’une voix tremblante :
- Non…Non, mon père n’y est pour rien ! Ma mère est partie juste après ma naissance, c’est pour cela qu’il est…qu’il est comme ça avec moi !
Une larme roula sur sa joue. Puis deux :
- C’est de ma faute si il est ainsi !
- Bien sûr que non, répondit Murtagh en allant s’asseoir près d’elle.
Il lui prit la main pour la rassurer. Son corps était agité de sanglots et le jeune homme était complètement déboussolé. Lui-même ne savait pas ce qu’il aurait fait dans une situation pareille. Néanmoins, il prit calmement la parole :
- Si jamais…si jamais quelqu’un venait m’annoncer que ma mère était en vie, je laisserais tout tomber avant de me lancer à sa poursuite !
Elle releva son visage baigné de larme et il lui sourit amicalement :
- Mais…J’ai pu la connaître ! Elle est partie avant que tu n’ais eu ce bonheur et je suis certain que ce n’est pas à cause de toi !
- Mais…
- Mais quoi ? Je ne vois pas comment tu aurais pu la faire partir en étant âgée de seulement quelques jours à moins d’avoir été un nourrisson particulièrement odieux…
Calyst ne put s’empêcher de rire et sécha ses larmes avant de se calmer :
- Tu as raison…
Il se leva et regarda gravement son amie :
- Si tu veux savoir, il faudra parler au Général !
- Pas maintenant, répondit simplement la jeune femme.
- Comme tu voudras !
Ils se turent, le silence brisé uniquement par le cri strident des mouettes. Ce fut la rôdeuse qui reprit la parole :
- Je suis navrée pour ta mère, je l’ignorais…
Elle ne s’était jamais posé la question, à vrai dire. C’était ridicule mais elle n’avait jamais imaginé l’enfance de Murtagh avec une mère à ses côtés qui l’aurait laissé se faire maltraiter. Le jeune homme haussa les épaules :
- Quand j’ai appris que j’avais un frère et que c’était la raison pour laquelle elle était partie, j’en ai énormément voulu à Eragon. Le roi s’en est rendu compte et s’en est servi contre moi. Mais après tout, j’avais raison de le haïr…
Calyst secoua la tête avant de le réprimander doucement :
- Tu ne penses pas ce que tu dis !
- Vous êtes nombreux aujourd’hui, à savoir mieux que moi ce que je dois penser, ricana le dragonnier. Après tout, Eragon n‘a pas eu à subir la présence de notre père, ses coups, ses colères ! Il n’a pas eu à rester seul pendant des heures dans un placard ! Il n’a pas eu à voir sa mère disparaître de longs mois puis revenir pour mourir devant ses yeux !
La colère transparaissait dans sa voix, une rage contenue qui ne demandait qu’à éclater. Ses yeux gris flamboyaient et ses poings serrés tremblaient de fureur. La jeune femme se leva, apeurée par ce changement soudain de personnalité :
- Murtagh, calme-toi, s’il te plaît !
- Pourquoi je te fais peur ? fit celui-ci agressif.
Calyst tenta de calmer la petite voix qui lui intimait de fuir cette cabine et dévisagea le jeune homme, visiblement de plus en plus agité :
- Oui, tu me fais peur. Que t’arrive-t’il ?
Le dragonnier la regarda avant de lancer un coup de pied dans un des pans du mur. La rôdeuse sursauta et recula, terrifiée :
« Thorn ! appela-t‘elle. Thorn, Murtagh ne va pas bien ! »
Un rugissement retentit :
« Je sais, j’ai ressenti mais je n’arrive pas à entrer en contact avec lui ! » répondit le dragon paniqué.
La rôdeuse ne vit pas le jeune homme qui la poussa contre un mur où elle alla s’écraser violemment. Elle grimaça et voulut se mettre debout mais c’était sans compter Murtagh qui la força à se relever en lui attrapant brutalement le bras. Il la plaqua contre le mur et s’approcha d’elle en prononçant d’une voix rauque :
- Du côté d’Eragon alors…Une ennemie de l’Empire ?
Elle sentait son souffle chaud lui fouetter le visage et une lueur de démence habitait ses yeux. Il porta la main à sa gorge et commença à serrer lentement :
- Mu…Murtagh…, supplia Calyst qui commençait à étouffer.
Mais ce dernier ne répondit pas et sa vue commença à se brouiller. Soudain, il y eut un choc sourd et le dragonnier s’effondra, inconscient. La rôdeuse glissa sur le plancher en suffoquant avant de lever les yeux vers son oncle, son sauveur. Il l’aida à se relever et elle se réfugia dans ses bras en tremblant :
- Comment…Comment…
- Thorn m’a prévenu, répondit calmement Attorio en lui caressant les cheveux.
Il l’attrapa par l’épaule et la dévisagea attentivement :
- Tu n’as rien ?
Elle nia et il reprit :
- Personne ne doit être mis au courant, pas même ton père, tu comprends ? Si jamais il l’apprend, il condamnera Murtagh à mort et lui enfoncera son épée dans le corps !
La jeune fille continua d’approuver tout en frissonnant. Il resserra son étreinte autour d’elle puis ils portèrent le jeune homme sur son lit et l’allongèrent.
- Pourquoi…Pourquoi est-il devenu…
Elle se tut, fixant le corps inanimé du dragonnier.
- Il semblerait qu’une émotion violente ait refait surface ! J’ai eu tort de sous-estimer le roi, il a cadenassé Murtagh avec des serments très puissants qui interviennent lorsque notre dragonnier est sous le coup d’une forte colère !
- Nous pouvons l’aider ?
Il rassura sa nièce d’un sourire :
- Bien sûr ! Nous devons juste nous y mettre sérieusement et surveiller ce jeune homme ! Je l’interrogerais lorsqu’il se réveillera, tout devrait être rentré dans l’ordre ! De quoi parliez-vous quand c’est arrivé ?
- De sa mère…
- Ah…
Il prit une couverture et la posa sur Murtagh avant de s’éloigner :
- Et bien nous allons proscrire le mot « mère » ou « maman » de notre vocabulaire… »

A Suivre... pirat
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Sam 17 Mai - 11:22

CHAPITRE 21 : Découverte



Eragon restait pensif. Saphira survolait les montagnes depuis quelques heures et cherchait un endroit abrité où se poser. Cela faisait plusieurs jours qu’ils volaient sans but et se posaient discrètement pour éviter d’être aperçu par les gens comme par le roi. Arya ne disait rien mais le dragonnier sentait bien que ces vols sans but précis l’agaçait cependant elle se contenait avec beaucoup d’efforts louables et il lui en était gré. Saphira commençait aussi à perdre patience mais à la différence de la princesse, elle en faisait part au dragonnier sous formes de petites pics qu’il ignorait superbement, se concentrant uniquement sur les indices qui pourraient lui révéler la présence de dragons ou de créatures étranges comme le Peuple Gris. A bout de force, la dragonne remarqua une grotte sur un des flancs noirs d’une montagne :
« Eragon, posons-nous ! Je crois que mes ailes vont finir par me lâcher et nous ne trouverons rien de plus ce soir ! »
« Très bien ! » soupira le jeune homme, résigné, avant de faire part de la demande à Arya.
Cette dernière acquiesça et quelques minutes plus tard, ils descendaient de Saphira et observait la grotte percée à même le flanc de montagne. Elle était bien assez grande et profonde pour que la dragonne puisse y bouger de tout son aise. Eragon pencha la tête par l’ouverture et observa les environs. La caverne était très proche du sol et malgré le fait que la nuit tombait, le jeune homme ne voulait pas perdre de temps et souhaitait explorer les environs. Remarquant son trouble, la princesse elfe s’approcha :
« - Nous devrions prendre un peu de repos…Rester éveillé toute la nuit ne nous mènera nulle part !
- Très bien…
Ils sortirent le temps de trouver du bois pour le feu puis l’allumèrent et se blottirent dans le fond de la grotte, écoutant le vent siffler dans les parois. Ils dînèrent et commencèrent à veiller, se laissant bercer par les bruits de la nuit. Arya prit la parole :
- Eragon, ça ne peut plus durer ! Voilà trois jours que nous volons et nous n’avons rien vu, rien appris sur le Peuple Gris ! Le symbole aperçu nous a plus embrouillé l’esprit et dispersé de notre quête qu’autre chose…Nous ne pouvons pas continuer ainsi, surtout lorsque d’autres affaires requièrent notre attention !
- Si tu veux partir, Arya je ne te retiens pas ! Ce n’est pas moi qui t’ai forcé à venir, répliqua Eragon de mauvaise grâce.
Saphira tourna sa grosse tête vers son dragonnier et le fixa avec un air de reproche. L’elfe elle-même semblait prise au dépourvu par le ton agressif mais elle se reprit bien vite :
- Nous courrons après une chimère ! Je ne te laisserais pas plonger dans cet enfer ! A rester focalisé sur une vieille légende, tu vas en oublier le plus important ! Pour le bien de cette terre, je me dois de te le dire ! Reviens à la raison, Eragon ! Nous perdons notre temps…
- Bien sûr que non, ces descendants sont notre seul espoir !
- C’est toi notre seul espoir, fit Arya avec un ton de reproche.
Ils restèrent ainsi à se dévisager pendant quelques secondes avant que le jeune homme ne se lève et dise :
- Je vais faire un tour…J’ai besoin de me dégourdir les jambes…
« Et de m’aérer la tête ! » ajouta-t’il pour lui-même.
Il se détourna de ses deux amies et sortit dans la nuit obscure. La princesse elfe voulut l’accompagner mais la queue de Saphira lui bloqua le passage :
« Laisse ! Il sait que tu as raison, il a juste besoin de s’en persuader ! »

Eragon marchait à travers les rochers qui sortaient de terre, trébuchant sur certains cailloux. Mais il s’en moquait. Les paroles d’Arya ne cessaient d’aller et venir dans son esprit torturé. Si il ne trouvait pas le Peuple Gris, il ne pourrait jamais libérer Murtagh et le roi aurait toujours un atout de taille à ses côtés. Il refoula ses larmes brûlantes qui ne demandaient qu’à couler, soulignant son désespoir lorsqu’il se rendit compte qu’il s’était beaucoup éloigné de leur refuge. Il s’apprêtait à faire demi-tour quand il entendit un bruit :
- Qui est là ?
Personne ne répondit. Malgré sa vision acérée, il eut beau scruter les alentours, il ne vit rien de particulier. Pourtant, il ressentait une présence. Bonne ou mauvaise, il n’aurait su le dire. En fait, il n’aurait pu dire quoi que ce soit surtout quand sa vue se brouilla et qu’il ressentit un choc assourdissant à la tempe. Il s’effondra et eut juste le temps d’apercevoir deux bottes noires s’approcher de lui.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, il ne put empêcher un gémissement de franchir ses lèvres. Sa tête était lourde et douloureuse et son esprit embrumé. Il cligna plusieurs fois des yeux et entendit une voix grave et menaçante :
- Fort bien, te voilà réveillé ! L’interrogatoire va donc pouvoir commencer !
Le dragonnier releva la tête avant de remarquer qu’il était solidement attaché à une chaise.
- Quel est ton nom ?
Il voulut se retourner pour faire face à son interlocuteur mais il ne pouvait effectuer aucun geste :
- Que viens-tu faire ici ?
Sa bouche s’ouvrit pour prononcer les mots en ancien langage afin de se libérer mais aucun son ne franchit ses lèvres.
- Et pour finir, de quel côté te trouves-tu ?
Cette voix…c’est comme si il l’avait déjà entendu quelque part. Un homme sans aucun doute, jeune environ 24-25 ans. Et une étrange aura émanait de lui.
- On t’a coupé la langue ? Ne me fais pas croire que les sorts que j’ai lancé t’empêchent de parler !
C’était donc ça. Il chercha à prendre contact avec Saphira puis Arya mais c’était peine perdue.
- Et inutile de mentir, tu ne peux pas !
- Qui êtes vous ? grogna le jeune homme, la voix pâteuse.
C’est alors qu’il se rendit compte qu’il avait posé la question en ancien langage. Un petit rire retentit :
- Oui, je t’ai prévenu ! C’est de l’ancien lang…
- Ancien langage, compléta Eragon.
Le silence traduisit la perplexité de son agresseur qui mit quelques secondes avant d’admettre :
- Je te prenais pour un soldat du roi égaré mais visiblement tu es plus que ça…Un magicien ? Un…elfe ? Tu as une dégaine quelque peu étrange pour un des leurs. Où bien Galbatorix aurait-il pris un disciple ?
Le dragonnier secoua la tête mais ne prononça aucun mot pour ne pas se trahir. Cet homme l’inquiétait, il semblait bien connaître le souverain.
- Qui êtes-vous ? répéta-t’il.
- C’est moi qui pose les questions ! répondit son geôlier d’une voix dure.
Il gigota mais ne parvint pas à se libérer. L’homme soupira :
- Cette situation doit être très inconfortable mais pour ma propre sécurité et la tienne, décline ton identité ! Si tu n’es pas du côté du roi, je te libérais…
Ce fut comme si on lui enlevait un poids sur le cœur mais Eragon demeurait méfiant. Il resta silencieux avant de demander :
- Dites en ancien langage que vous n’êtes pas avec le roi et je vous dirais qui je suis !
L’homme tapa soudainement dans ses mains, ce qui fit sursauter le dragonnier :
- Et bien au moins, je sais que tu n’es pas un allié de notre bon souverain. Je ne suis pas de son côté, ajouta-t’il en ancien langage.
Il fit le tour de la chaise et vint s’adosser au mur face à lui. Il était grand et musclé avec une peau très bronzée. Ses yeux marrons se posaient sur lui le détaillant avec avidité. De longs cheveux bruns tressés lui tombait jusque sur les épaules et un fin sourire éclairait un visage volontaire. Un collier de barbe finement taillé soulignait une certaine maturité. C’est alors que le jeune homme remarqua 3 marques noires, sous forme de point, à côté de son œil droit.
- Peut-être vas-tu enfin me dire qui tu es…
- Je m’appelle Eragon.
L’homme haussa un sourcil avant de s’approcher et lui défaire ses liens :
- Humm Eragon, le dragonnier rebelle qui défit l’Empire…Je te pensais plus jeune !
- C’est bien la première fois qu’on me le dit, fit le jeune homme en se massant les poignets.
surpris des connaissances du mystérieux homme qui vivait dans cet endroit reculé, il dévisagea son ex-geôlier avec appréhension :
- Je t’ai dit mon nom, à ton tour maintenant !
- Je m’appelle Rùmil…
Il alla s’asseoir à une table dans un coin de la pièce et attendit. Eragon, jugeant qu’il n’était pas en danger, se mit à détailler les alentours. La bâtisse était en bois et peu éclairée. Une simple couche était étendue à même le sol et une table et deux chaises complétait le simple décor.
- Tu vis dans un environnement quelque peu austère…Pourquoi cette vie-là ? constata le dragonnier.
- Le luxe, très peu pour moi, fit Rùmil avec une moue. Ca ne me servirait pas à grand chose !
Le jeune homme le fixa, un peu surpris :
- Mais tu vis ici depuis combien de temps ?
- 6 mois…Mais j’ai l’impression que ça va faire une éternité !
- 6 mois ? D’où viens-tu ?
- Tu es drôlement curieux, sourit l’homme. J’errais un peu n’importe où…
- Voyageur ?
- Chasseur.
- Solitaire ?
Le visage de Rùmil s’assombrit :
- Depuis peu ! Dis-moi c’est un interrogatoire ? Que fais-tu ici toi ? Et ou est ton dragon ?
- Dragonne, rectifia Eragon avec un sourire. En ce moment, elle doit être en train de me chercher avec mon amie…
- Amie ? se braqua le chasseur.
- Arya. C’est une elfe, le rassura le jeune homme.
Mais Rùmil fronça les sourcils et poursuivit :
- Pourquoi voyages-tu avec une elfe ?
- Nous cherchons quelque chose qui pourrait nous aider dans notre quête.
- Vraiment ? Et qu’est-ce donc ? demanda le chasseur, soudainement intéressé.
Le dragonnier le fixa d’un regard impénétrable. Il restait très sceptique vis-à-vis du jeune homme et beaucoup trop de questions se bousculaient dans sa tête. Des mystères qu’il était bien décidé à éclaircir :
- Si tu es un simple chasseur, comment se fait-il que tu maîtrises aussi bien l’ancien langage et que tu saches lancer des sorts ?
Surpris par l’agressivité du semi-elfe, Rùmil resta muet avant de se reprendre avec un mince sourire :
- Tu ne me fais pas confiance, on dirait…Mais tu as bien raison, c’est ainsi que l’on peut survivre !
« On croirait entendre Murtagh » pensa Eragon.
-…J’ai eu droit à une formation pendant mon enfance que j’ai abandonnée avant de la reprendre avec un autre maître quelques années plus tard !
Il regarda sa main d’un air mélancolique :
- Je suis ravi de voir que je n’ai pas rouillé depuis tout ce temps !
- Qui t’a appris la magie ? Un elfe ? fit le dragonnier qui restait sur la défensive.
- Non, deux magiciens.
Visiblement, il ne souhaitait pas en dire plus pourtant le semi-elfe aurait aimé l’interroger davantage mais l’absence d’Arya et de sa dragonne l’inquiétait. Où pouvaient-ils bien se trouver pour que Saphira ne les repèrent pas ? Il se tourna vers Rùmil qui gardait un visage indéchiffrable et se risqua à demander :
- Si tu n’y vois pas d’inconvénient, j’aimerais que ma dragonne et mon amie nous rejoignent…Je me sentirais plus à l’aise pour continuer notre discussion !
Mais à son grand dam, le chasseur secoua la tête :
- Je suis sûr que tu es de bonne foi, Shur’tugal, mais si jamais ton elfe pénètre dans cette demeure, je serais obligé de la faire disparaître !
Le ton était neutre mais les yeux du chasseur flamboyaient dangereusement. Eragon le dévisagea, effaré. Encore un qui ne portait pas cette race dans son cœur !
- Pourquoi une telle menace ? Si tu as un grief contre les elfes, tu peux me le révéler, je …
- Ce n’est pas moi, ce sont eux qui ont un grief contre moi, répliqua Rùmil d’une voix forte.
Encore une fois, l’image de son frère aîné se superposa sur celle de son geôlier. Lui n’avait pas voulu se rendre chez les Vardens de peur d’être emprisonné et Eragon l’y avait contraint mais c’est ainsi qu’ils avaient rencontré les jumeaux, en partie responsable de leurs situations actuelles. En se rappelant ces mauvais souvenirs, le dragonnier décida d’accorder une infime chance au chasseur :
- J’accepte de laisser Arya en dehors de cela mais permets que ma dragonne assiste et intervienne dans notre discussion…
Rùmil le regarda, méfiant :
- Ni toi ni elle ne ferez part de mon existence à qui que ce soit !
- Tu as ma parole ! jura le jeune homme en ancien langage.
C’était bien suffisant pour le chasseur qui marmonna quelques mots et Eragon put aussitôt rétablir le contact avec Saphira. Cette dernière s’apprêtait à crier son nom mais le jeune homme la bâillonna mentalement :
« Ecoute attentivement ce que je vais te dire…Je ne suis pas en danger mais je le serais si tu dis à Arya que tu m’as retrouvé ! Est-ce que tu comprends ? »
« Cette partie-là, oui ! grogna la dragonne. C’est la partie « je ne suis pas en danger mais ne le dis pas à Arya » qui m’échappe ! »
« Je suis chez un chasseur… »
Il lui envoya l’image de Rùmil, de la pièce où il se trouvait et de leur conversation et sentit que la dragonne saisissait enfin ce qui se passait.
« Tu dois promettre aussi de ne pas en parler… »
« Très bien, promit son amie ailée, mais je ne te considère pas en sécurité ! »
« Nous verrons bien… »
Eragon transmit la promesse de sa dragonne à Rùmil qui sembla soudain plus rassuré.
- Parfait. Ne m’en veux pas mais j’aimerais que nous parlions en ancien langage !
- Ca ne me gêne pas mais comment se fait-il que tu le maîtrises aussi bien ?
- J’ai eu deux excellents maîtres, répéta le jeune homme.
Le dragonnier réfléchit. Cet homme était très mystérieux sans aucun doute mais il semblait fonctionner sur le principe de l’échange. Une question avec une réponse permettait une autre question. Et il semblait attendre quelque chose du jeune homme…
- Qui es-tu Rùmil ? Qui es-tu vraiment ? Et pourquoi me retenir ici ?
Le concerné soupira et le fixa quelques secondes avant de l’inviter à s’asseoir face à lui. Le dragonnier s’exécuta avec lenteur et, malgré la lumière de la bougie faiblissante, il put ainsi voir que son interlocuteur était soucieux.
- Bien que cela me paraisse invraisemblable, il semblerait que je puisse t’apporter de l’aide dans ta quête…
- Vraiment ? ironisa le dragonnier. Et qui t’a-dit ça ?
- Un chat-garou que j’ai rencontré à Teirm, il y a quelques années de cela !
Le sourire moqueur d’Eragon disparut aussitôt. Les informations dont disposait un chat-garou n’étaient pas à prendre à la légère et il sentit l’intérêt grandissant de Saphira :
- Quel était son nom ?
- Je l’ignore, fit Rùmil en haussant les épaules. Il était accompagnée d’une femme, une herboriste qui m’a joué un vilain tour, prétendant me révéler mon destin…
« Plus de doute possible, gronda Saphira, c’était Angela et Solembum ! »
« En effet, mais je croyais qu’elle n’avait lu le destin que de trois personnes : moi, ma mère et… »
Il s’interrompit et toisa durement son interlocuteur :
- Qui fuyais-tu pour t’être déguisé en mendiant aveugle ce jour-là ?
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Sam 17 Mai - 11:23

Rùmil pâlit avant de murmurer rapidement :
- Tout serait donc vrai…
Il se leva et commença à faire les 100 pas à travers la pièce. Eragon le regarda sans comprendre avant qu’il ne cesse son manège et n’avoue d’une voix grave et empreinte d’émotion :
- J’ai toujours cru que cette herboriste m’avait joué un tour de sorcière et que ce chat qui parle n’avait été que le fruit de mon imagination mais je dois avouer que ce qu’ils m’ont prédit est en train de se réaliser !
- Que t’ont-ils révélé ? demanda avidement le dragonnier.
- L’herboriste, rien qui ne te regarde ! En revanche, le chat-garou m’a dit des mots bien obscures qui ne trouvent sens à mes yeux qu’aujourd’hui. Lorsque le shur’tugal arrivera devant toi, répare ton erreur et conduis-le vers la lumière qui te sauva autrefois ! Tu pourrais bien y retrouver l’oiseau que tu as perdu et pour l’Alagaësia, un nouvel espoir s’y trouvera !
Il se tut mais Eragon avait beau retourner ces paroles dans tous les sens, il ne comprenait pas :
- Quelle lumière ? Quel oiseau ? Solembum parle toujours par énigme, on dirait !
Mais Rùmil sourit :
- Ses paroles m’étaient adressées, c’est donc normal que moi je les comprenne !
- Parce que tu les as comprises ?
- Non. Mais si tu me dis le but de ta quête, il est possible que tout devienne clair dans mon esprit…
« Mais de quelles quêtes parlait Solembum ? intervint Saphira. Le Peuple Gris ? Les dragons ? »
« Je n’en ai pas la moindre idée, avoua le jeune homme, déboussolé. »
Il s’adressa au chasseur :
- J’ignore de quelle quête veut parler Solembum mais nous sommes à la recherche de plusieurs choses…
- Et moi d’une seule : l’oiseau de la prédiction. Si nous parvenons à nous entraider, il semblerait que nous puissions atteindre nos buts respectifs !
- En effet, sourit Eragon. Mais tu devras compter avec Arya !
Le visage rayonnant de Rùmil se rembrunit :
- J’avais oublié…
- Ne crois-tu pas qu’il serait temps d’avouer ce secret qui te pèse ? demanda doucement le jeune homme.
Son interlocuteur le dévisagea et se gratta le menton avant d’avouer, hésitant :
- Devant notre toute nouvelle collaboration, je voulais passer outre mais on dirait que je ne vais pas avoir le choix. Le chat-garou m’avait conseillé de te dévoiler mon identité avant d’entreprendre quoi que ce soit…
Il se tut quelques instants, comme si cette révélation le brûlait de l’intérieur, avant d’annoncer d’un sourire nonchalant :
- Je suis le fils de Galbatorix… »

Les mots résonnèrent sans fin dans l’esprit d’Eragon. Fils de Galbatorix ? Impossible ! La surprise de Saphira l’atteignit de plein fouet, l’étourdissant encore plus. Un rugissement tonitruant résonna dans sa tête :
« - Eragon ! Va-t’en d’ici vite ! Nous arrivons avec Arya ! »
« Non… »
Les mots s’étaient opposés tout naturellement à ceux de sa dragonne sans qu’il ne puisse expliquer pourquoi.
« Comment ça non ? » riposta son amie d’une voix où perçait la panique.
Son petit homme avait-il été ensorcelé ? Mais ce dernier la rassura :
« Inutile de venir, je veux en savoir plus ! »
« Tu veux en savoir plus ? répondit Saphira en s’étranglant. C’est le fils de Galbatorix, que te faut-il encore ? »
« Ca ne t’évoque rien ? fit Eragon tristement. Moi, il me rappelle Murtagh… »
La dragonne se tut, prise au dépourvue. Le rapprochement était inévitable. Deux descendants cachés de Parjures qui se dressaient contre leurs paternels…Mais il ne fallait pas pour autant baisser sa garde :
« Ce n’est pas Murtagh, reprit son amie d’une voix douce. Ton frère avait prouvé sa valeur et sa loyauté avant de t’avouer son lignage. Qui te dit que Rùmil n’est pas un piège tendu par le roi ? Pourquoi personne n’a jamais entendu parler de lui ? »
Eragon s’enferma dans son silence. Il ne savait pas quoi dire pour la convaincre mais il sentait que Rùmil pouvait effectivement l’aider et Solembum n’était pas étranger à ce fait. Devinant ses pensées, Saphira renâcla :
« Les chats-garous ne sont pas tous du bon côté ! »
« Ils sont neutres dans cette guerre, expliqua le jeune homme. Et si il s’agit bien de Solembum il nous a, pour l’instant du moins, toujours aidé… »
« Tu oublies le Gardien ! Tu as risqué gros ce jour-là ! »
« Il savait que nous allions nous en sortir. Si il a envoyé Rùmil ici, c’est pour une bonne raison ! » assena Eragon une ultime fois.
Sa dragonne rugit doucement pour bien montrer son désaccord cependant, elle n’ajouta rien de plus, signe qu’elle ne contestait pas les arguments de son ami. Le jeune homme se tourna alors vers Rùmil qui l’observait en silence. Le chasseur lui adressa un signe de tête :
- Qu’a dit ta dragonne ?
- Elle me fait confiance et nous ne changeons rien à notre engagement envers toi. Mais comment sais-tu que je lui parlais ?
- Si tu savais le nombre de fois où j’ai vu mon père prostré ainsi…répondit Rùmil avec une sourire soulagé.
- Avant de commencer, j’aimerais savoir. D’où tiens-tu toutes ces informations sur moi ? demanda le jeune homme d’un ton méfiant.
Rùmil sourit avant de désigner une bassine d’eau près de sa couche.
- Voilà ce qui me relit au monde. J’utilise un sort en ancien langage et je recueille des informations qui m’intéressent. Avec toutes les versions que j’entends, j’ai fini par reconstituer ton aventure. Voyager avec un ancien dragonnier puis ton frère aîné sans le savoir, j’ai trouvé cela plutôt ironique.
- Tu nous as espionné ? fit Eragon estomaqué.
- Bien sûr que non. Je ne peux voir que ce que je connais donc je vagabonde d’auberge en auberge. Les petites gens sont souvent plus au courant qu’on ne le pense, conclut Rùmil, amusé.
Le dragonnier grommela avant de renchérir :
- Le chat-garou t’a dit de me révéler d’où tu venais…
- Et je te dois bien ça pour ne pas t’être enfui en courant, fit le chasseur visiblement plus assuré. Ne sommes-nous pas semblables, fils de Morzan ?
- Non. Tu ressembles sans nul doute à mon frère mais nous sommes très différents. Cependant, lui m’avait déjà prouvé qu’il était mon ami avant de me révéler son identité. N’essaye pas de m’amadouer en me disant que je suis censé ressentir la même chose que toi car ce ne sera pas le cas. Je n’ai pas connu mon père…
Rùmil pâlit légèrement et ses yeux s’emplirent de colère mais il conclut d’une voix maîtrisée :
- Alors de nous tous, tu es celui qui a eut le plus de chance. Je me souviens de ton frère et on ne peut pas dire que c’était un enfant heureux.
Ils se turent quelques secondes puis le chasseur entama son récit d’une voix grave :
- Il y a 26 ans, Galbatorix a fait face à une forte rébellion qui s’est tenue près de Belatona. Des Vardens, mais aussi des elfes et des paysans se sont alliés et ont donner tant de fil à retordre à l’armée du roi que lui-même a du se déplacer sur le dos de son dragon. Bien sûr, il a remporté une sanglante bataille et a capturé de nombreux esclaves dont le chef du village et sa famille, ses deux fils et sa fille, ma mère.
Il marqua une courte pause avant d’hausser les épaules en remarquant le visage compatissant d’Eragon :
- Je t’arrête tout de suite, mon histoire ressemble en effet à celle de ton frère mais ici, cela diffère. Mes parents n’étaient pas amoureux. Le roi voulait un héritier de sang noble et la fille du chef d’une grande ville comme Belatona, ça correspondait tout à fait à ses désirs. Sans compter qu’elle était apparemment très belle. Elle avait beau être fière et avoir une certaine conception de l’honneur, lorsqu’il eut tué son père et son frère aîné et qu’il eut menacé de s’en prendre au benjamin de sa famille, elle n’a pas eu tellement le choix. 10 mois après sa capture, elle a accouché d’un garçon et elle a mis un terme à sa vie trois jours plus tard.
Le ton était impassible et tranquille mais chaque muscle de son corps tressaillait de colère. Quand au dragonnier, il crut qu’il allait vomir devant la cruauté du roi. Il pria silencieusement pour qu’une telle chose ne soit jamais arrivée à sa propre mère. Mais Rùmil pourrait sans doute lui apporter des réponses. Il l’invita à poursuivre d’un signe de tête.
- La mort de ma mère, Galbatorix s’en est tout de suite moqué, surtout depuis qu’il avait un fils. Mais j’étais fragile et faible et beaucoup de nobles auraient rêvé de m’éliminer pour mettre un terme aux envies d’héritage du roi ! Alors, il m’a caché aux yeux du monde après avoir tué les sages femmes qui s’étaient occupées de ma mère depuis sa grossesse.
Il accorda un regard triste au jeune homme qui écoutait attentivement son récit :
- C’est là que mon histoire et celle de ton frère se rejoignent. Comme lui, j’ai passé une bonne partie de mon enfance dans un château éloigné de la capitale. J’ai été élevé et éduqué par des maîtres d’arme, des magiciens et un Parjure avait été désigné pour être mon maître avant qu’il ne disparaisse. Il n’a pas eu le temps de m’apprendre grand chose d’ailleurs, ajouta-‘il avec un petit rire, puisqu’ils ont rapidement disparu. Le roi m’a ensuite ramené à Uru’baen quand j’ai eu 12 ans, toujours caché cependant. Cet homme, qui m’était totalement inconnu, s’est alors improvisé père…avec ce que ça impliquait pour lui.
Rùmil, resta silencieux, fulminant contre son géniteur absent. Le dragonnier lui laissa quelques secondes pour se reprendre car le chasseur tremblait de colère. Ce dernier leva les yeux vers son interlocuteur et vit qu’il attendait patiemment la suite. Il reprit donc d’une voix morne :
- Il m’a instruit, en magie noire surtout, en armes, sur les nobles également et l’histoire des Dragonniers. Pour ma défense, j’ignore ce que t’a dit ton frère lorsque tu voyageais avec lui, mais le roi a un énorme pouvoir de persuasion…
Eragon hocha la tête et le rassura :
- Oui, lui aussi a été charmé lorsqu’il l’a rencontré !
- C’est sans doute sa plus grande et dangereuse qualité. J’aurais pu y succomber et ça a bien failli d’ailleurs. Mais Galbatorix était très violent et brutal avec moi. Je n’avais pas connu l’amour familiale pendant mes douze ans d’exil et les six années qui suivirent furent ponctuées de coups, d’insultes et d’humiliations. Rien n’était assez bien pour lui, j’étais sa plus grande honte soi-disant. Ce qui était ironique quand on savait les desseins qu’il avait pour moi.
- Pourquoi t’être enfui ? demanda le dragonnier, tout en trouvant sa question ridicule.
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Sam 17 Mai - 11:23

Mais Rùmil comprit :
- Ce qui m’a décidé ? Un soir, la veille de ma majorité, j’ai surpris une conversation entre lui et…mon oncle, le frère survivant de ma mère, qu’il avait gardé en vie dans ses cachots durant des années. Il l’avait fait remonter à la demande de ce dernier et lorsque je les ai entendus, mon oncle invectivait violemment le roi. C’est ainsi que j’ai appris l’histoire de ma mère. Tu penses bien que j’ai été choqué, révolté. Je n’avais même pas été conçu dans l’amour ou une quelconque affection de ma mère pour lui. Lorsque mon père, excédé par ses jérémiades s’est levé brusquement et lui a transpercé le cœur de son épée, j’ai pris ma décision…
Le semi-elfe resta silencieux. Au bout de quelques secondes, il contacta Saphira :
« Qu’en penses-tu ? »
« J’en pense que son histoire est invraisemblable, attaqua la dragonne. Cependant, c’est tellement étrange…Et Solembum lui aurait dit de nous aider ? »
« Oui. Retourne à la grotte avec Arya, nous allons vous y rejoindre ! Je l’interrogerais sur le chemin alors reste avec nous ! »
« Très bien. »
« Si jamais, il n’est pas fiable, il sera toujours temps de réagir lorsque nous serons tous ensemble. »
La dragonne ne dit rien et il s’adressa à Rùmil :
- Nous devrions nous mettre en route. J’aimerais continuer à te poser des questions mais je le ferais en chemin si tu le veux bien, car le refuge est loin !
- Très bien, acquiesça le chasseur. Laisse-moi juste le temps de récupérer certaines affaires…
Il se leva de sa chaise et commença à prendre quelques vêtements qu’il fourra dans un sac en toile. Eragon sortit inspirer l’air frais pour se remettre tranquillement les idées en place tandis que le chasseur finissait de rassembler des vivres. Il le rejoignit et ils s’engouffrèrent dans l’obscurité en silence. Après quelques minutes de marches, le semi-elfe demanda :
- Tu t’es donc enfui du château…Déguisé en mendiant, je suppose.
Rùmil approuva :
- Oui. Les gardes étaient très distraits, ils n’y ont vu que du feu. Je me suis enfui pour mettre le plus de distance entre ce monstre et moi. C’est ainsi que je me suis retrouvé à Teirm. Je ne comptais pas m’y attarder mais j’y ai fait de drôles de rencontres.
- Angela et Solembum, compléta Eragon avec un léger sourire, se rappelant de sa propre confrontation avec les deux énergumènes.
- Il semblerait, je ne connais pas leurs noms. Je passais devant une boutique d’herboriste, toujours vêtu de mon déguisement, quand elle a subitement surgi devant moi et m’a entraîné à l’intérieur. J’ai vainement protesté mais elle m’a littéralement assommé de paroles abracadabrantes et j’ai abandonné. Elle a essayé quelques tours de magie avant de me sonder du regard. Cette femme a alors sorti une bourse qui contenait des osselets, des os de dragons selon elle. Elle les a jeté et a commencé à parler de choses qui me paraissaient, à ce moment, incompréhensibles jusqu’à ce que je comprenne qu’elle me prédisait en réalité mon avenir.
Il inspira longuement avant d’avouer :
- Les enseignements du roi n’étaient pas tous mauvais et surtout, ils étaient encore profondément ancrés en moi. « Ne laisse personne te dicter ton destin ! ». Je me suis levé en renversant les osselets et je suis parti précipitamment. Elle a du me prendre pour un fou à lier, rit le chasseur.
- Que t’avait-elle dit ?
- Ne le prend pas mal, Shur’tugal mais ces prédictions ne concernent que moi ! Cependant, des rares choses que j’ai retenu, beaucoup se sont réalisés…
Ils se turent tous deux, ressassant les dires de l’herboristes avant que le dragonnier ne reprenne :
- Et Solembum ?
- Le chat qui parle ? Je suis rentré à l‘auberge où je logeais, bien décidé à quitter cette ville au plus vite, persuadé d’avoir été découvert. Mais il était posté sur mon lit, comme si il m’attendait. Et tu connais les mots qu’il m’a adressé…
- En effet, répondit le jeune homme, pensif.
Il se retint de trébucher sur une pierre et poursuivit :
- Le roi ne t’a jamais cherché ? T’a-t’il mis face aux œufs de dragon ?
- Bien sûr que Galbatorix m’a cherché mais j’ai toujours été très doué pour passer inaperçu ! Et pendant une longue période, j’ai été caché au sein d’un village qui m’a accueilli avec chaleur. J’ai fini par m’enfuir surtout lorsque j’ai senti qu’il s’approchait de moi. Quand aux œufs de dragon, je devais avoir quatre ans quand il m’a présenté l’œuf bleu et l’œuf rouge mais aucun n’a réagi. Et je me suis enfui avant qu’il n’ait eu le temps de récupérer l’œuf vert qui était apparemment difficile d’accès.
« Heureusement pour nous sans doute » songea Eragon.
Il leva la tête et examina le ciel obscur. Toutes les étoiles étaient dissimulées par des nuages noirs ce qui faisait qu’on ne voyait rien des kilomètres à la ronde. Le vent frais s’engouffrait dans ses vêtements et il frissonna légèrement. Seul le bruit des animaux nocturnes brisait le silence ambiant, à coup de cris stridents. Le dragonnier regarda son nouvel allié du coin de l’œil. Ce qu’il venait de lui avouer se tenait, même si il fallait tout de même rester sur ses gardes. Mais désormais, les questions qu’il voulait poser concernaient un tout autre domaine et le touchaient, lui, plus particulièrement :
- Tu dis que tu connais Murtagh…Et tu semblais savoir des choses sur mes parents…
- En effet, fit Rùmil, heureux de pouvoir enfin partager son secret. Ton frère ne m’a jamais vu mais un jour, je devais avoir 7 ans, Galbatorix m’a rendu visite dans le château où on m’élevait. Il y est resté plusieurs jours et pour continuer d’administrer son royaume, il recevait les Parjures et les nobles ici, mais je devais rester caché. Un soir, j’étais posté à ma fenêtre et des cavaliers ont fait irruption discrètement dans la cour. Ils étaient nombreux, une vraie escorte avec au centre, un homme, une femme et un petit garçon. J’ai été tellement surpris que je me suis appliqué à sortir discrètement de ma chambre pour aller observer un enfant que j’ai eu le fol espoir de considérer comme un éventuel camarade de jeux. J’ai attendu qu’on les installe et que l’homme sorte de leurs appartements pour m’y faufiler discrètement. Je me suis caché quand j’ai entendu la voix de ta mère…
Il s’interrompit et fixa Eragon qui le dévisageait avidement :
- Comment était-elle ?
- C’était vraiment une jolie femme, assura le chasseur amusé. Elle avait de longs cheveux châtains comme les tiens et un visage très doux. Mais tu ne m’ôteras pas de l’esprit que c’est ton aîné qui a hérité de ses magnifiques yeux. Gris nuancé de bleu…Ou bien l’inverse, fit-il en se grattant la barbe, un peu perdu.
Le dragonnier sourit de cette hésitation et Rùmil reprit son histoire :
- Moi qui n’avais jamais connu ma mère, j’ai convoité la situation de ton frère. Quand je les ai aperçus, il se tenait devant elle avec une moue boudeuse. Elle était assise sur son lit, près de ma cachette et lui arrangeait les cheveux tout en lui glissant des mots apaisants. L’instant d’après, il avait recouvré le sourire et semblait aux anges. Et puis Morzan est arrivé et là, j’ai rapidement pris peur. Il a attrapé ton frère par le bras avant de le gifler et de l’enfermer dans le cagibi d’à côté, sous prétexte qu’il était trop faible pour se passer de sa mère. Je l’ai entendu pleurer, supplier mais rien n’y fit. Mais ta mère avait un sacré caractère et elle s’est violemment opposée à lui avant qu’il ne sorte, irrité qu’on lui tienne tête. Une fois dehors, elle a délivré Murtagh et l’a consolé…J’en ai profité pour m’esquiver avant de me faire enfermer à double tour comme punition pour être sorti. Je les ai observés de ma fenêtre tout le long de leur séjour mais ensuite je ne les ai plus jamais revus.
Il se tut, laissant au jeune homme le soin de digérer toutes ces nouvelles informations sur sa famille. Ils continuèrent de marcher ainsi jusqu’à ce que le dragonnier ne demande :
- Pourquoi dis-tu que ton histoire et celle de Murtagh sont différentes ? Vous avez tous deux vécu une enfance difficile…
Le chasseur eut un petit rire avant d’avouer :
- Murtagh et toi Eragon, vous êtes des enfants conçus dans l’amour. Pas moi.
Le concerné stoppa net, abasourdi :
- Que veux-tu dire ?
Rùmil le fixa longuement :
- J’ignore ce qui est arrivé à ton père pour qu’il devienne Parjure et de ce que j’ai vu, ta mère était loin d’approuver tout ça ! Mais qu’elle s’oppose sans peur à lui montre qu’elle le connaissait, qu’elle n’en avait pas peur et je doute qu’elle aurait accepté de vivre avec un homme qu’elle n’aimait pas. Quand à ton père, crois-moi, c’est l’amour qui l’a empêché de corriger ta mère ce jour-là, malgré sa brutalité.
Etrangement, les mots du chasseur procurèrent un peu de chaleur au semi-elfe, qui se demanda si son aîné partagerait ce point de vue. Son interlocuteur demanda d’ailleurs en souriant :
- C’était relativement frappant lorsqu’il était jeune, mais je me demandais si Murtagh ressemblait toujours à Morzan maintenant qu’il a…il a…
- Il aura 22 ans dans quelques mois si je ne m’abuse, compléta Eragon, et oui, apparemment, c’est son portrait craché jusqu’à la voix, à son grand désespoir !
Rùmil haussa les épaules :
- C’est pas de chance mais Morzan avait une très belle prestance et beaucoup de dames se pâmaient devant lui, je me souviens ! Il aura du succès auprès de la gente féminine, ce sera son lot de consolation…
Le dragonnier éclata de rire :
- C’est déjà le cas mais je ne suis pas sûr qu’il le voit ainsi…
Ils continuèrent de rire avant d’arriver devant la grotte où Arya et Saphira les attendaient.
« J’ai dit à Arya que tu avais trouvé un allié de poids, avertit la dragonne, puisqu’il était envoyé par un chat-garou, ce qui n’a rien d’un mensonge. Désolée mais c’était la seule manière pour qu’elle ne se jette pas par-dessus bord ! »
« Tu as bien fait. »
Ils s’avancèrent et Eragon désigna Rùmil de la main :
- Je vais bien Arya, grâce à lui. Voici Rùmil, il savait que nous serions ici.
Ce dernier lui jeta un petit coup d’œil surpris avant de reprendre contenance. Arya le détailla de la tête aux pieds avant de demander d’une voix sèche :
- Pourquoi un chat-garou t’aurait-il envoyé à notre secours ?
- J’ai cru comprendre que vous en auriez besoin, répliqua le fils de Galbatorix sur le même ton.
Les yeux de l’elfe flamboyèrent avant qu’elle ne se détourne d’eux et ne rentre dans la grotte. Rùmil haussa les épaules devant le regard de reproche que lui lançait Eragon puis il entra à sa suite.
« Ca va être difficile de garder un tel secret avec Arya dans les parages ! » fit remarquer Saphira.
« Il va pourtant falloir faire un effort. C’est peut-être lui qui détient la clé de la chute de Galbatorix… » répondit Eragon.
« Son propre père…C’est intéressant ! » ironisa son amie.
Le jeune homme grommela avant de pénétrer à son tour dans la grotte pour prendre un peu de repos. Demain, il aurait à subir les questions de la princesse elfe qui serait beaucoup moins complaisante.

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Angelo
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Sam 17 Mai - 15:54

TROp cool même si je l'avais déjà lu XD mais quand même trop cool
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Lun 19 Mai - 11:28

Ouais merci Angelo^^ Pour tout te dire je compte poster mes moitiés de chapitres un jour ici (entre autre pare que c'est mon forum quand même) dès que j'aurais rattrapé mon retard ce qui ne saurait tarder !

CHAPITRE 22 : Les incantations interdites


« Non, et non Murtagh ! Tu n’as rien écouté de ce que je t’ai dis ou quoi ?
L’interpellé leva les yeux aux ciel sous le reproche et fixa son maître avec colère :
- Bien sûr que si, je vous ai écouté…
- Non, tu n’es pas concentré aujourd’hui. Qu’est-ce qui te travaille ?
Attorio le regardait, impassible, mais il semblait vouloir une réponse. Cela faisait trois jours depuis l’intrusion du roi dans l’esprit de Murtagh. Une fois réveillé, l’alchimiste l’avait interrogé sur son ressenti, les serments qu’il avait prêté au roi…Depuis, il le faisait travailler d’arrache-pied ne lui laissant que très peu de repos. Comme le dragonnier était un élève assidu, après les bases, l’oncle de Calyst avait décidé de passer à la pratique. Mais depuis le début de la matinée, le jeune homme était morose et abattu pour une raison obscure, ce qui chagrinait Attorio. Bien décidé à savoir ce qui se passait dans la tête de son protégé, il réitéra sa question d’un ton plus insistant :
- Murtagh, qu’est-ce qui t’arrive ? Si c’est le roi qui t’inquiète, je te surveille alors tranquillise-toi !
Mais son interlocuteur secoua la tête avant d’avouer d’un ton hésitant :
- Ca n’a rien à voir avec le roi…
- Alors quoi, c’est Thorn ?
- Non… Ce n’est rien !
- Et bien, ton « ce n’est rien » a bien failli faire exploser ce navire alors j’estime que ça me regarde !
Murtagh leva un regard agacé vers son maître avant de croiser les bras sur sa poitrine et de détourner la tête :
- C’est…C’est votre nièce.
- Ah très bien...
Le dragonnier eut un petit rire navré :
- Même vous, vous l’avez remarqué…
Depuis son agression, Calyst évitait le jeune homme et elle faisait en sorte que Lukan ne l’approche pas non plus, ni lui ni son dragon. En réalité, Murtagh ne s’était pas vraiment souvenu de ce qui s’était passé dans sa cabine et Attorio n’avait pas jugé utile de lui expliquer, jugeant son état suffisamment instable. Mais sa nièce avait pris peur et, malgré l’estime qu’elle portait au dragonnier, elle le fuyait comme la peste et protégeait son fils de tout contact avec lui. L’ennui, c’était que Murtagh semblait légèrement peiné par cette attitude et Attorio le comprenait fort bien. Il ignorait ce qu’il s’était passé à Uru’Baen mais certains liens s’étaient tissés entre les deux jeunes gens et le fait que la jeune femme nie tout en bloc attristait le dragonnier comme l’alchimiste. Ce dernier demanda :
- Lui as-tu parlé ?
- J’ai essayé mais elle me fuit. Est-ce que…
Il hésita, craignant la réponse :
- Est-ce que je lui ai fait du mal lorsque j’étais possédé par Galbatorix ?
Le ton était neutre et le visage impassible mais la lueur d’appréhension qui habitait ses yeux ne pouvait tromper. L’oncle de la rôdeuse soupira :
- Fut un temps, je t’aurais dit de te tenir à l’écart de Calyst, surtout à cause d’Amràn. Mais aujourd’hui, tout est différent. Si ma nièce freine ton évolution…
- Elle ne freine rien du tout, assura Murtagh avant de rougir imperceptiblement sous le regard inquisiteur de l’homme qui se tenait face à lui.
- Disons que si quelque chose t’empêche d’avancer dans ton apprentissage, je me dois de régler ce problème. Va lui parler !
- Elle ne veut pas, répliqua le dragonnier en haussant les épaules.
- Alors oblige-la ! Mettez fin à ce dialogue de sourd entre vous ! Je veux de nouveau entendre le joli rire de Calyst et toi, ajouta Attorio en le pointant du doigt, je veux que tu sois enfin concentré lors de tes leçons !
« Et te revoir sourire ! », songea-t’il au plus profond de lui.
Mais Murtagh semblait hésiter sur la conduite à adopter. Il fixait nerveusement l’éprouvette qui contenait le souffre devant lui. L’alchimiste ordonna :
- Maintenant que tu sais quoi faire, file ! Ne remets pas les pieds dans ce laboratoire avant d’avoir réglé cette affaire !
Le dragonnier se retourna de mauvaise grâce et sortit en maugréant. Il traîna les pieds et sa mauvaise humeur jusqu’au pont principal. C’est alors qu’un boulet aux boucles blondes lui fonça dans les jambes avant de lui offrir un franc sourire. Le jeune homme se dérida :
- Bonjour Lukan.
L’enfant éclata de rire avant de s’agripper fortement à l’une de ses jambes. Murtagh s’apprêtait à le décrocher doucement lorsqu’il avisa le regard inquiet de sa mère. Calyst se tenait près du gouvernail et les regardait avec angoisse. Elle fit un signe à Kialen qui s’approcha furtivement. Une colère sourde envahit le jeune homme qui se sentit subitement comme un étranger sur ce navire. Il attrapa délicatement le garçon, qui crut à un nouveau jeu et s’y adonna avec plaisir, avant de s’éloigner en direction de sa cabine. Une fois à l’intérieur, il déposa l’enfant qui prit possession de son lit et s’adossa au mur face à lui, en attendant l’arrivée des renforts qui ne tardèrent pas à surgir. Kialen frappa et entra, l’air décidé. En la voyant, Lukan se renfrogna :
- Calyst aimerait que Lukan retourne dans sa cabine ! Il a des choses à faire !
Le concerné s’enfouit sous les draps en grognant, ce qui fit sourire le dragonnier :
- Vous direz à sa mère que si elle veut quelque chose, elle n’a qu’à venir le revendiquer en personne…
Le nez de la nourrice frémit et elle jeta un dernier regard vers Lukan avant de tourner les talons et de sortir en claquant la porte. Murtagh soupira et tendit l’oreille pour prévenir la tornade qui ne saurait tarder. Il s’en voulait d’avoir eu à commettre un acte aussi bas mais pour affronter la rôdeuse, il n’en fallait pas moins. Des pas précipité résonnèrent et la porte s’ouvrit violemment, laissant place à une Calyst échevelée et furieuse :
- Qu’est-ce qui te prend Murtagh ?
Il se redressa et la toisa avec rage :
- C’est plutôt moi qui devrais te demander ça ! Tu me fuis depuis trois jours, tu empêches Lukan de m’approcher moi ou Thorn et c’est à peine si tu m’adresses la parole !
L’enfant présent poussa un cri plaintif, apeuré par les hurlement des deux adultes, avant de se réfugier dans les bras de sa mère qui l’accueillit avec soulagement. Le dragonnier eut un geste désespéré avant de s’excuser faiblement :
- Je suis…je suis vraiment désolé mais c’était le seul moyen pour te parler et…et pour savoir ! Je ne lui aurais fait aucun mal, tu sais !
La rôdeuse se releva, son fils dans les bras, et il put voir une unique larme couler sur sa joue. Elle l’effaça d’un geste et demanda, rageuse :
- Savoir ? Mais savoir quoi ?
Le jeune homme inspira avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres :
- Est-ce que…T’ais-je fait du mal, d’une quelconque manière, lors de ma perte de contrôle ?
La rôdeuse pâlit avant de se détourner pour s’esquiver mais la voix torturée du dragonnier parvint à ses oreilles :
- Si jamais c’était le cas, crois bien que je m’en veux…Je m’excuse, je ne voulais pas mais il était plus fort que moi !
La rôdeuse s’arrêta. Le jeune homme la voyait uniquement de dos mais à sa façon de respirer, au rythme de ses épaules, il voyait qu’elle faisait un effort considérable pour ne pas s’enfuir. Elle ouvrit la porte et déposa Lukan dans les bras de sa nourrice qui patientait derrière puis la referma délicatement et resta prostrée contre la paroi en bois :
- Calyst, dis quelque chose, je t’en prie…
- Et que veux-tu que je te dise ? murmura-t’elle.
Elle se retourna brusquement et ses yeux lançaient des éclairs :
- Tu m’as littéralement sauté dessus, tu as essayé de m’étrangler et tu m’as prise pour ton ennemie !
Elle allait lui imputer l’effroi qu’il avait causé à Thorn mais en voyant son visage, elle se ravisa. Murtagh était blanc comme un linge et il serrait les poings tout en tremblant de rage. La jeune femme prit peur :
- Murtagh, tu es…
- Je vais bien, la rassura-t’il d’un geste. C’est juste que… Que je n’arrive pas à croire que ce soit moi qui t’ais…
Il se tut, refusant d’admettre ce qui s’était passé. La rôdeuse le dévisagea, méfiante, avant de se radoucir :
- Oncle Attorio m’a dit que tu étais dans un état second quand le roi prenait possession de toi ! Mais je pensais que tu aurais au moins quelques brides de souvenirs !
- Si ça avait été le cas, je me serais excusé, fit Murtagh, outré.
- Je suis navrée cher monsieur, se moqua Calyst, mais en vous voyant faire comme si il ne s’était rien passé alors que je suis passée près de la mort, je l’ai légèrement mal pris !
Le dragonnier ne releva pas la remarque et s’assit sur son lit, avant de se passer les mains sur le visage. Légèrement gênée, la jeune femme s’agenouilla face à lui :
- Tu ne te souviens vraiment de rien ?
Il eut un geste dérisoire :
- A peine…Comme à chaque fois qu’il prend possession de moi, j’ai ressenti des picotements, des frissons puis ma vision s’est voilée ! Comme si j’étais dans un corps étranger. Je voyais flou, et je me sentais agir et parler mais ce n’étais pas moi…Quand je me suis réveillé, j’avais cette envie de vomir et Attorio m’a assuré que je n’avais commis aucun dégât mais il a menti.
Murtagh s’enferma dans son silence, maudissant son impuissance. La rôdeuse resta pensive quelques secondes avant de révéler :
- Il n’a pas menti, je vais bien. Pardonne mon attitude mais ce jour-là, j’ai vraiment eu peur !
Elle esquissa un geste vague avant de reprendre :
- J’ai été trahie une fois par une personne de confiance et je me suis jurée que cela n’arriverait plus jamais mais tu es arrivé et tu as tout ébranlé ! Depuis cette agression, j’ai juste voulu protéger mon fils…au détriment de ma confiance en toi. Je t’ai blessé, excuse-moi.
- J’aurais fait la même chose à ta place !
Même si il s’était senti blessé, trahi, exclu dans cet endroit qu’il aimait tant. Même si il s’était cru une nouvelle fois abandonné. Il plongea son regard clair dans les yeux de Calyst qui arborait un sourire d’excuse :
- Oncle Attorio dit que les serments que tu as fait au roi lui ont permis de placer une infime partie de son âme en toi. Même si il te croit mort, ce fragment s’est réveillé inconsciemment sous ta colère, ce qui a provoqué ton changement de personnalité !
- Mais comment faire pour que cela n’arrive plus ? Crois-moi, je n’aime pas me battre mais je suis tout à fait apte à défendre ma vie contre des hommes ou des Kulls. De là à m’en prendre à des femmes, des paysans ou même des enfants…
Il esquissa une grimace de dégoût et regarda ses mains :
- Je trouve cela lâche, faible et déshonorant.
- C’est tout à ton honneur.
- Je voudrais que cela n’arrive plus jamais. Je ne vais pas bien du tout, je ne contrôle rien et je suis impuissant ! Je déteste cette sensation…acheva le jeune homme d’une voix involontairement brisée.
Calyst posa une main apaisante sur son bras.
- Si tu ne veux plus que cela arrive, je pense que tu devrais suivre l’enseignement d’Attorio. Ca pourra t’apporter beaucoup de réponses, bien plus que moi en tout cas ! Je crois…
Elle s’approcha et murmura sur le ton de la confidence :
- Je crois qu’il a une petite idée derrière la tête en ce qui concerne tes serments mais ce n’est que mon avis !
Le visage du dragonnier s’éclaira un court instant avant qu’il ne se lève à la suite de la rôdeuse.
- De toute manière, je vais y retourner maintenant que le « problème » est réglé.
- Problème ? fit Calyst en fronçant les sourcils.
Sentant le danger, le jeune homme changea de sujet de conversation :
- Tu as vu Thorn ?
- Oui, il écoutait ta leçon à la façon dont il était prostré puis il est parti voler. Je vais lui amener Lukan, ils ont besoin de se distraire tous les deux.
- Merci, fit le jeune homme, reconnaissant.
Il esquissa un pas vers la porte avant de se retourner, une étrange lueur habitant ses yeux :
- Calyst ?
L’interpellée releva la tête, l’air interrogateur :
- Oui ?
- Sommes-nous amis ?
La rôdeuse le regarda, un peu déboussolée par la question :
- Et bien…Mes amis, ceux qui ne sont pas de ma famille, je les compte sur les doigts d’une main, tant je suis méfiante mais…
Elle lui offrit un sourire chaleureux :
- Mais oui, nous sommes amis.
Etrangement, elle eut l’impression de lui enlever un poids. Murtagh sourit à son tour avant de demander d’un ton grave :
- J’ai très peu d’amis pour ne pas dire aucun. Je ne vois que toi à qui je peux le demander car Eragon est mon frère et, malgré ses dires dans les Plaines Brûlantes, ses actes de ces derniers jours me font dire qu’il ne m’écoutera pas et Nasuada est…Enfin, elle est très proche de moi alors…
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Lun 19 Mai - 11:28

Calyst s’approcha, intriguée :
- Que veux-tu me demander ? Si c’est dans la mesure de mes moyens, je t’aiderais tu le sais !
Le dragonnier se pencha et murmura à son oreille :
- Si je retombe entre les mains de Galbatorix et que tu me croises à ce moment-là, jure-moi de me tuer !
La jeune femme sursauta et recula, effrayée :
- Qu’est-ce qui te prend ?
- Je refuse que quelque chose d’autre arrive par ma faute, en particulier à toi et ton clan ! Mes serments ne te concernent pas, tu pourras m’approcher sans risque !
- D’après Eragon, rien n’était plus important que ta vie et celle de Thorn ! Encore faudrait-il que tu te laisse tuer , s’exclama la rôdeuse avant de se mordre la lèvre et de grommeler : Je n’arrive pas à croire que j’ai dit une chose pareille !
Murtagh sourit devant l’embarras de la rôdeuse :
- Au moment où j’ai déclaré ça, je n’avais alors aucune raison de sacrifier ma vie ni celle de Thorn et j’avais des serments qui m’obligeaient à rester près du roi…
- Pour aider Eragon, ajouta la jeune femme.
- Mais j’en ai parlé avec Thorn, reprit le dragonnier, et il est d’accord ! Je veux protéger ce navire et les gens qui s’y trouvent cependant la seule manière d’y parvenir, c’est de me tuer.
- Mais le roi sera toujours présent, ta mort ne changera rien ! répliqua Calyst.
Sa voix trahissait la panique et l’incompréhension et Murtagh ne savait comment la convaincre. Mais il avait besoin de savoir que quelqu’un serait là pour l’arrêter si il commettait l’irréparable.
- Je ne veux plus tuer d’innocents et encore moins parmi les gens qui m’ont si chaleureusement accueilli. Je ne suis pas ici depuis longtemps…
- Plus d’un mois maintenant ! fit Calyst avec un rire forcé.
- Mais vous êtes les seules personnes que j’aimerais appeler ma famille !
La jeune femme le regarda, abasourdie. Murtagh n’avait pas pour habitude de mettre des mots sur ce qu’il ressentait et encore moins d’en parler. Et savoir qu’il les considérait, elle et les siens, comme une famille la touchait. Comprendre ses sentiments pouvait alors expliquer beaucoup de choses. Elle lui caressa la joue et sourit tristement :
- Nous sommes ravis de te compter parmi nous et je sais que beaucoup de personnes ici t’apprécient. Je conçois ta demande…
Il posa sa main sur la sienne :
- Alors promets-le moi !
Calyst inspira. C’était une grande décision à prendre mais elle savait ce qu’elle devait faire :
- Je te le promets !
Une fois de plus, elle avait l’impression d’alléger le fardeau qu’il semblait porter depuis sa naissance :
- Merci ! souffla-t’il avant de prendre la main de la jeune fille et d’y déposer un baiser.
Il se retourna et rit :
- Je ferais mieux d’y aller ou Attorio va croire que je me suis pris du bon temps avec Thorn !
Calyst approuva et le salua tandis qu’il s’éloignait.
- Tu as intérêt à ne pas te faire capturer par le roi !
Il lui rendit son salut et sortit de la cabine. La voix de son ami si précieux résonna :
« Tu as eu raison de le faire ! Je sens que ça te soulage et je partage ton avis ! »
« Oui mais je regrette de devoir lui faire endurer tout ça ! Elle ne le mérite pas ! »
« Elle n’aura peut-être pas à le faire… »
Murtagh ne répondit rien et poussa la porte du laboratoire de l’alchimiste qui releva la tête de ses expériences en le voyant :
- Enfin ! Tu m’avais oublié ou quoi ?
- Aucun risque, sourit le dragonnier.
D’abord surpris, Attorio lui décocha un sourire rassuré et l’invita à s’asseoir près de lui.
- Alors, où en étions-nous ? »

« Vous me disiez que le souffre ne devait pas être en incandescence avec le mercure.
- Ah oui. Et peux-tu me dire comment on obtient le mercure ?
- Par le procédé de fermentation-distillation-rectification.
- Parfait, applaudit l’alchimiste avec un sourire. Je suis ravi de retrouver mon élève.
Murtagh eut un vague sourire et ils se remirent à leurs travaux. Quelques instants plus tard, le dragonnier se plongeait dans la lecture d’un livre volumineux. Sans lever le nez de son bec à décanter, Attorio demanda :
- Ca s’est arrangé avec Calyst ?
- Oui.
Ils se turent quelques secondes et le jeune homme referma son livre, pensif :
- Elle m’a avoué qu’une personne de confiance l’avait trahi autrefois et elle a pris peur lorsque je l’ai agressé…Vous m’avez menti ! accusa-t’il.
Mais Attorio haussa les épaules :
- Elle va bien, je ne t’ai pas trompé ! Et Calyst est solide, elle se serait rendue compte de son erreur tôt ou tard.
Murtagh grommela avant de demander :
- Qui était la personne de confiance qui l’a trahie ?
L’alchimiste le regarda, comme si il était en train de le jauger afin de savoir si il était capable de recevoir une telle information :
- Je ne suis pas sûr que ce soit à moi de te le dire…
- C’était le père de Lukan, n’est-ce pas ? Vous ne me l’avez pas dit, ajouta le jeune homme avec un sourire triomphant, mais ce n’était pas compliqué à deviner !
L’oncle de la rôdeuse sourit devant son air malicieux avant de reprendre son sérieux et d’entamer d’une voix sourde :
- Elle avait 15 ans lorsque l’un de mes cousins, Thomay, l’a ramené, inconscient et ensanglanté. Comme pour toi, nous l’avons recueilli et soigné, surtout par Calyst qui est rapidement tombée sous son charme. Il était âgé de 4 ans de plus qu’elle et ma nièce était fascinée par sa maturité et son savoir.
- C’est …surprenant, avoua le dragonnier, perplexe.
Attorio rit avant d’admettre :
- Non pas pour ceux qui l’ont toujours connu. Calyst était enjouée et très vive à l’époque bien qu’elle n’ait jamais été du genre à tomber amoureuse du premier venu ! Cependant, il était très charismatique et c’était un beau jeune homme. Il avait cet aspect protecteur qu’elle affectionnait particulièrement et il était très chaleureux mais parfois, il devenait secret, mystérieux ce qui peinait Calyst.
- Il l’aimait ?
- Oh oui, sans aucun doute ! Ils étaient très épris l’un de l’autre, au grand dam d’Amràn, qui ne cessait de se disputer violemment avec eux. Il lui reprochait de monter sa fille contre lui !
- Comme si il y en avait besoin, ironisa Murtagh.
Il fixa la couverture du livre posé devant lui, mais en réalité il avait l’impression de pénétrer dans l’intimité de la rôdeuse. Il savait que ce n’était pas convenable et la bienséance avec laquelle il avait été éduqué lui ordonnait d’arrêter mais la curiosité l’emportait.
- Calyst s’est rarement opposé à son père néanmoins quand il est arrivé, elle n’a plus fait que ça ! Oh, il aurait pu le bannir mais il pouvait dire adieu à sa fille par la même occasion ! Amràn s’est donc vengé de toutes les manières possibles !
- En scellant la voix de Lukan par exemple, gronda le jeune homme.
Mais l’alchimiste secoua la tête :
- Non, ce n’était pas pour cette raison…Bien que je n’approuve pas ses méthodes, il a eu raison de le faire !
Murtagh le regarda, effaré :
- Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? Il l’a fait pour la punir d’avoir aimé cet homme !
- Non, ça c’est sa version des faits ! contesta doucement Attorio. Mais Amràn a toujours une excellente raison de faire ce qu’il fait, c’est tout ce que tu dois savoir…
Le dragonnier s’apprêtait à protester mais il capta le regard de son interlocuteur et fronça les sourcils. A la façon dont il le fixait, on aurait dit que ces paroles valaient aussi bien pour lui. Il décida de changer de sujet :
- Il est mort ?
- Va savoir…Non je ne pense pas !
- Que s’est-il passé alors ? Pourquoi n’est-il pas ici auprès de sa femme et de son fils ?
- Tout d’abord, Calyst et lui n’étaient pas mariés. A quoi cela sert-il ? Le mariage, juste une grande fête pour étaler un bonheur et un amour fugace sans parler de cette cérémonie ridicule des liens…
Murtagh leva un sourcil et esquissa un demi-sourire :
- Moi qui vous prenait pour un romantique. Vous êtes un grand désabusé en réalité !
L’alchimiste partit dans un grand éclat de rire :
- Le mariage est une institution inutile et il n’est pas en vigueur dans notre clan. Nous trouvons l’être qui va partager notre vie, parfois il y en a plusieurs, mais nul besoin de le célébrer.
Il s’enferma quelques secondes dans son silence avant de raconter :
- Calyst avait 16 ans lorsqu’elle s’est rendue compte qu’elle était enceinte. Leur liaison n’était pas tellement secrète, ça crevait les yeux, mais nous possédons des moyens pour prévenir d’une grossesse et Calyst était si jeune que nous pensions tous qu’elle les utilisait. Amràn est entré dans une colère noire et il voulut la contraindre à avorter mais c’était sans compter sur le futur père qui s’est interposé. Ils passèrent un marché connu uniquement d’eux deux et 2 mois après avoir fêté ses 17 ans, Calyst mit à terme un petit garçon en excellente santé qu’ils appelèrent Lukan. L’accouchement fut difficile à cause de son jeune âge et elle passa quelques temps alitée mais au final, tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la voix du bébé avait été scellée alors qu’il allait sur ses trois ans. Dès lors, tout ce petit univers bascula. Elle partit voir Amràn qui se contenta de dire que c‘était son châtiment et lorsque Calyst retourna dans sa cabine en colère et désespérée, le père de Lukan avait disparu. Seul l’enfant était dans son lit mais plus aucune trace de son géniteur. Il était parti, emmenant affaires et vivres et ne laissant aucune trace, aucun mot derrière lui…
Il se tut, laissant Murtagh poursuivre. Ce dernier se sentait peiné, horriblement mal pour la rôdeuse mais il avait l’impression de mieux la comprendre :
- Calyst s’est sentie trahie…Abandonnée par celui qu’elle aimait et sa famille, son propre père !
- Depuis ce jour, elle n’a accordé sa confiance qu’à très peu de personnes dans ses amis comme dans sa famille. Et elle, qui se rebellait sans cesse contre son père, a retrouvé cette attitude de soumission face à lui.
- Ca a du plaire à Amràn, nota le dragonnier.
- Détrompe-toi. Parfois je me dis qu’il regrette cette époque car ils ne sont jamais autant parlé qu’à ce moment-là !
« Etrange » songea le jeune homme.
- Ta curiosité malsaine est-elle enfin satisfaite ? demanda malicieusement l’alchimiste.
- Vous l’appréciiez ? le détrompa Murtagh.
- Qui donc ?
- Le père de Lukan.
Attorio soupira :
- Il était…très affectueux et aimant avec Calyst et Lukan, je serais vraiment une mauvaise langue de dire que ce garçon n’était pas quelqu’un de bien.
- Mais ?
- Mais je m’en méfiais et l’avenir a fini par me donner raison, répliqua l’homme d’un ton sombre.
Murtagh ouvrit la bouche pour approfondir le sujet mais l’alchimiste désigna son livre d’un coup de tête et il comprit que la conversation était terminée. Il se replongea donc de mauvaise grâce dans l’ouvrage volumineux, la tête néanmoins emplie de questions. Ces interrogations ne le quittèrent pas du reste de la journée et il attendait le retour de Thorn avec impatience. Pendant qu’il rangeait le laboratoire sous l’œil attentif de l’alchimiste, la voix du dragon retentit dans son esprit :
« Alors es-tu enfin comblé ? »
« Tu as écouté ? »
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Lun 19 Mai - 11:29

« Bien sûr. Un conseil : Ne va pas lui en parler surtout maintenant que vous vous êtes rabibochés ! »
« Je ne suis pas idiot ! »
« Parfait ! »
Un silence s’installa entre eux mais le dragon rouge devinait que son jeune compagnon bouillait au fond de lui.
« Tu veux en parler ? » proposa-t’il néanmoins.
« Je n’arrive pas à croire qu’elle se soit laissée embobiner par un type qui l’a abandonnée, elle et Lukan, explosa Murtagh. Alors, il la met enceinte et il s’en va sans rien dire à personne ? Et elle, elle fait comme si il ne s’était rien passé ! »
Son ami ailé réprima un sourire en le voyant vider son sac et le laissa parler jusqu’à ce qu’il n’est plus rien à dire :
« Tu es en colère ? »
« Bien sûr que non, ça ne me regarde absolument pas ! Et ce n’est pas moi qui me suis fait avoir ! Combien de fois je t’ai dit qu’on devait toujours se méfier des autres ? Ne faire confiance qu’à soi…»
Thorn n’ajouta rien de plus. C’était inutile, il connaissait son bonhomme sur le bout des griffes. Et cela n’échoua pas :
« Oh et puis si ça me regarde ! Je suis son ami, elle l’a dit toute à l’heure ! Et est-ce que ce n’est pas une chose que l’on révèle à un ami ? »
« Je l’ignore, se moqua son dragon, excepté toi, je n’ai pas d’autres amis ! »
Le jeune homme se maudit pour sa gaffe avant de se reprendre :
« Allons, tu as Calyst et Lukan maintenant ! Nous ne sommes plus seuls ! »
« Peu importe, le fait est que si elle ne t’en a pas parlé, c’est qu’elle ne le souhaitait pas ! Et ne juge pas cet homme trop vite, peut-être avait-il une bonne raison de partir… »
« Comme quoi ? Il avait un enfant ! »
Le dragon gronda doucement. La jeunesse du dragonnier le poursuivrait donc toujours. Pour avoir eu un père cruel et impitoyable, il avait tendance à juger très rapidement tous les paternels qu’elles que soient leurs actions.
« Justement peut-être est-il parti pour le protéger…ou bien Amràn l’aurait poussé à s’enfuir ! Regarde comment il est avec toi, imagine avec quelqu’un qui a… » nota Thorn.
« Ca va, j’ai compris… » le coupa vivement Murtagh.
Ils se turent tous les deux avant que le jeune homme ne soit sèchement rappelé à l’ordre :
- Le flacon qui contient l’essence de verveine avec un bocal qui a côtoyé du charbon…Tout me porte à croire que tu veux mourir !
L’interpellé releva la tête pour remarquer son erreur et fusilla l’alchimiste du regard :
- Désolé, marmonna-t’il.
Attorio soupira :
- Mon garçon, l’alchimie est à manipuler avec précaution. Si tu ne possèdes pas suffisamment de concentration ou de motivation, nous n’avons rien à faire ensemble !
Murtagh fixa l’homme, légèrement dépité :
- Pardonnez-moi encore une fois…
- Je n’aurais jamais du te raconter toute cette histoire, grommela l’oncle de Calyst, tu es visiblement trop émotif !
Les joues du jeune homme rosirent avant de reprendre une teinte naturelle :
- Je ne suis pas émotif, fit-il en articulant chaque mot. Ce que vous venez de me raconter n’a fait que répondre à certaines questions que je me posais, rien de plus !
Il se maîtrisa pour ne pas réprimander son dragon qui riait et admit :
- Je suis navré mais je n’arrête pas de me demander par quel miracle je parviendrais à me libérer de mes serments ! C’est assez dur de me focaliser sur mon apprentissage sans savoir où je vais…
Attorio le dévisagea longuement avant de soupirer. Il se leva et alla refermer la porte du laboratoire. Son disciple l’observa, intrigué, et tendit l’oreille lorsque la voix de l’alchimiste résonna :
- J’espérais que tu ne me poses pas la question.
- Pourquoi ? Elle me semble pourtant justifiée…
- Parce que je me suis juré intérieurement de ne pas te mentir. Et également parce que, pour honorer cette promesse, je vais devoir en rompre une autre.
Murtagh resta impassible mais son esprit tourbillonnait de mille questions et il débordait d’impatience. Cependant, par respect pour son interlocuteur qui semblait faire face à des tourments intérieurs, il garda le silence et attendit la suite. D’interminables secondes s’écoulèrent en silence et ni l’un ni l’autre ne le brisèrent. Soudain, la voix grave d’Attorio envahit la pièce :
- C’est l’ancien langage qui est la clé de toute vie en ce monde et c’est une notion que Galbatorix a très bien saisi, il faut le lui reconnaître. Et nous en sommes sans doute responsables, de cette situation comme de ton état.
Le jeune dragonnier fronça les sourcils. Où voulait-il en venir ? Comment pouvait-il être fautif de ce qui lui était arrivé ?
- Que voulez-vous dire ? Est-ce que ça a à voir avec le fait qu’Amràn a rencontré le roi ?
- Calyst te l’a dit ? Oui, c’est une des raisons. Galbatorix aurait été moins redoutable si mon frère ne s’était jamais rendu au château royal. Nous l’avons rencontré il y a 48 ans de cela et par la même occasion, nous y avons croisé ton père.
- Pourquoi y être allé ? fit Murtagh en ignorant volontairement la dernière information. Même si ça date d’une cinquantaine d’années, le roi était déjà un monstre assoiffé de pouvoir.
- Amràn également, constata simplement l’alchimiste. Le roi possédait quelque chose que nous convoitions et lui, souhaitait obtenir quelques…informations. Il s’agissait d’un échange ni plus ni moins mais nous avions absolument besoin d’avoir cette chose que finalement nous n’avons pas pu obtenir, acheva-t’il dans un ricanement.
- Qu’est-ce que c’était ? demanda le dragonnier, intrigué.
- Une pierre.
Le ton était mystérieux et attisait une curiosité sans pareille mais l’alchimiste pinça les lèvres et se tut.
- Qu’avez-vous révélé à Galbatorix ?
- Comment connaître le nom d’un homme.
Une poigne glacée se referma sur Murtagh qui se sentit aspiré par une spirale sans fin.
- Vous…
Il était assommé par la nouvelle et sentait que l’air lui manquait. Le clan qui l’avait recueilli était le coupable qui avait permis à son maître de l’enchaîner et de le briser.
- Vous avez…
Lorsque son regard parvint sur Attorio, le jeune homme fut pris de nausées. Il affichait des yeux larmoyants qui imploraient la pitié et son visage étaient attristé.
- Murtagh calme-toi, sinon Galbatorix prendra de nouveau possession de ton corps !
- A qui la faute ? siffla l’interpellé d’un ton enragé.
Néanmoins, le nom de son bourreau le força à reprendre ses esprits et il tenta d’apaiser son cœur avec l’aide de Thorn. Ce dernier l’enveloppa d’une douce chaleur et lui souffla des paroles rassurantes. La voix de son dragon ramena peu à peu la lucidité dans son regard. Cependant, il ne pouvait s’empêcher de fixer l’alchimiste avec fureur teintée de dégoût. Attorio baissa la tête penaud et Murtagh l’invectiva avec violence :
- Vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ? Vous avez détruit ma vie !
- Malheureusement oui, ainsi que celles de beaucoup d’autres. Mais crois-moi ce que nous avons obtenu en échange valait largement le prix payé.
- Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? murmura le dragonnier.
Plus encore que cet acte, les dernières paroles de son maître résonnaient comme une trahison. Il pensait avoir pourtant expliqué, sans être entré dans les détails, ce qu’il avait dû subir et l’alchimiste semblait avoir compris. Une voix grave résonna dans sa tête, faisant vriller la plus petite parcelle de ton corps :
« Je comprends que sa réaction te peine mais ne laisse pas ton cœur se faire envahir par les ténèbres. Résiste à cette envie de vengeance qui te caractérise tant ! »
« Thorn… »
« Les représailles ne t’aideront pas à te libérer, répliqua doucement son ami. Ce qu’ont fait Attorio et son clan est condamnable mais il semble vouloir se racheter malgré l’avis d’Amràn, on dirait. C’est une occasion inespérée, une chance alors saisissons-là ! »
« Comment peux-tu passer outre aussi vite ? cracha Murtagh. Tu sais pourtant que c’est parce qu’il a découvert mon véritable nom que je suis condamné à vivre en Parjure ! »
« Cela fait déjà presque un mois que plus personne ne t’a appelé ainsi, ce n’est pas immuable. Et contrairement à toi, je ne juge pas les gens sur leurs actes passés. Tu dis que le père de Lukan s’est enfui comme un lâche mais tu n’étais pas là. Attorio a instruit le roi d’une magie interdite en échange d’une chose précieuse qui valait que l’on détruise de nombreuses vies. Demande-toi donc quelle est cette chose avant de l’accuser d’irresponsabilité. »
« Tu veux que je te dise ton problème ? Tu fais trop confiance aux gens, lui reprocha le jeune homme d’une voix sourde. Je ne te le répèterais jamais assez ! Tu prêtes à ce clan une loyauté aveugle mais rien ne justifie tant de vies gâchées et encore moins la mienne ! Je n’arrive pas à croire que toi, mon dragon, tu te ranges de leur côté ! »
« Et moi je n’arrive pas à croire que tu ne m’écoutes jamais ! » riposta le dragon d’une voix si froide que Murtagh en trembla.
Jamais son dragon ne s’était adressé aussi durement à lui et lorsqu’il coupa brusquement leur lien mental, ce fut une telle déchirure que le dragonnier en resta pantois. Il eut beau appeler son ami, celui-ci l’ignorait et faisait en sorte qu’il ne ressente pas sa présence. Dès lors, un immense vide s’installa dans sa poitrine, comme si il lui manquait une partie de lui-même, ce qui ne lui était jamais arrivé et encore moins depuis l’éclosion de l’œuf de Thorn.
« Tu es cruel ! » dit-il en s’adressant à ce dernier.
Son cœur pleurait des larmes invisibles et réclamait la présence de son dragon mais il savait ce qu’il devait faire pour le récupérer. Il se tourna vers l’alchimiste tout en masquant ses émotions derrière son masque d’indifférence et demanda d’une voix contenue :
- Pourquoi pensez-vous pouvoir me libérer de mes serments avec l’alchimie et la magie ?
Le visage de l’homme qui était resté muet durant l’échange entre les deux compères, s’éclaira subitement :
- Autrefois, nos ancêtres ont mis au point un procédé puissant qui permettait l’annulation total d’un sort en ancien langage. Cela consistait à ôter de l’esprit toute trace du relieur, celui à qui nous faisons l’ancien serment, et du même coup nous l’affaiblissons ! Je t’ai dis qu’un fragment du roi était logé en toi. Le seul moyen de le retirer, c’est celui que je te propose.
- C’est impossible, décréta Murtagh sceptique.
- Si bien sûr ! Mais nos ancêtres étaient très puissants et nous, nous possédons à peine un quart de cette force. Mais avec un dragonnier dans nos rangs, c’est une autre paire de manche. Bien que cela reste très dangereux…soupira Attorio.
- Pourquoi ? demanda le jeune homme, méfiant.
- Il s’agit d’une incantation interdite. Tu en as entendu parler, je suppose.
- Bien sûr ! Même le roi n’ose pas les tenter. C’est une invocation avec certains éléments qui sont classés comme tabous. Mais si l’incantation ne fonctionne pas, celui qui l’a tenté se retrouve aspiré dans les méandres des ténèbres et ne pourra jamais être ramené à la vie. Vos ancêtres étaient atteints de folie pour la tenter, conclut-il avec un sourire. Surtout que l’on ignore ce que l’on peut y gagner.
- Des choses dont tu ne soupçonnerais même pas l’existence et qui sont, encore pour nous, des notions bien abstraites. Une porte tellement convoitée que l’on n’ose prononcer son nom. Alors…
L’alchimiste plongea son regard dans celui de son élève retrouvé :
- Es-tu prêt à tenter l’expérience ?
Le concerné eut une moue dubitatif :
- Vous m’assurez que je peux me libérer grâce à cela ? Le reste ne m’intéresse pas tellement à vrai dire…
Attorio acquiesça et sourit devant son exaspération :
- Très bien…

Le soir, lorsque Murtagh se glissa dans ses couvertures, il ressentit une chaleur familière l’envelopper et il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire rassuré :
« Bonne nuit bonhomme… »
« Je leur en veux toujours horriblement, tu sais ? »
« Peu importe, cela disparaîtra avec le temps… »
« Si tu le dis… »
Le dragon ronronna, heureux lui aussi de retrouver son jeune maître et le jeune homme laissa la larme de bonheur couler de l’un de ses yeux et s’écraser sur ses draps sans un bruit.

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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Lun 19 Mai - 19:39

J'adore encore et encore J'aime ta fic
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Mar 20 Mai - 20:32

Vive les postes constructifs.. *sors*

OURA!!! tu as presque rattrapé l'autre forum dit donc ><!!!!!!

Attorio *ptit soupir* Que je le n'aimeuh!!!!!!!!!!
Et Calyst! et Mumu pis Thornichou I love you

(internée moi je deviens folle)

Tu leur montre enfin tout ton don en leur mettant ces sublimes chapitres... Raah!! je vais allé lire (plutot dévorer!) le dernier chapitre sur Eragon que tu m'a envoyé et le corriger, pour que tu puisses le donner aux monstres affamés qui attendent >< (Vive les métaphores et les comparaisons Razz )

En tout cas, meme ci ce n'est pas vieu du tout, relire ce chapitre sublime.. Ou tu fais si bien passé les émotions des personnages à tes lecteurs..

Notre petit Mumu d'amour qui laisse couler une larme à la fin.. Trop meugnon!!

De superbes descriptions.. M'enfin, je me répéte, tu connais déjà mon avis sur ce chapitre, comme sur tout les autres que tu as posté ici =) Mais le redire et te complmenter est si bon flower
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Mer 21 Mai - 14:44

Ce qui suit est un "Spécial" ! Suite à une demande sur un autre forum, je me mets à écrire des bonus pour faire patienter les gens ! Normalement j'envoie cet écrit par MP à ceux qui demandet mais ici c'est spécial donc je le poste^^

CHAPITRE BONUS :



Le jeune homme était plongé depuis longtemps dans un profond sommeil lorsqu’une ombre passa furtivement devant sa fenêtre, ce qui l’éveilla. Saisi d’un pressentiment, il repoussa ses couvertures avant de se lever et il s’approcha de sa fenêtre, uniquement vêtu d’un ample pantalon noir. Heureusement, le ciel était dépourvu de nuages et la lune était pleine, ce qui éclairait la baie où ils avaient trouvé refuge le temps d’une nuit. Murtagh se pencha et plissa les yeux pour scruter la mer calme qui s’étendait sous eux. Une étrange créature se mouvait gracieusement dans l’eau chatoyante et cherchait visiblement à rallier la plage où était ancré le navire. Intrigué, le dragonnier décida de sortir à l’air libre voir de quoi il retournait et se faufila discrètement hors de sa cabine. Le vent frais lui fouetta le visage et il s’étira longuement, un léger sourire sur les lèvres. Se rappelant l’objet de son excursion nocturne, il grimpa sur le pont supérieur avant de se pencher au-dessus du bastingage. La créature en question était tout ce qu’il y a de plus humaine et le jeune homme décida de la rejoindre. Lorsque ses pieds s’enfoncèrent dans le sable, le jeune homme frissonna : la nuit se rafraîchissait de plus en plus et il traita mentalement Calyst d’insensée. Cette dernière émergeait de l’eau en secouant ses longs cheveux, vêtue d’une tunique noire ouverte sur la poitrine, lui arrivant sur les cuisses et enserrée à la taille par un filin. La rôdeuse s’écroula sur le sable, essoufflée. Sa poitrine se soulevait rapidement et elle avait fermé les yeux, goûtant les embruns salés avec délice. Murtagh vint se poser à ses côtés et engagea la conversation d’un ton moqueur :
« - Ca t’arrive souvent ce genre d’expédition nocturne ?
Le jeune femme ouvrit les yeux, surprise, mais se détendit lorsqu’elle vit qui était celui qui avait l’outrecuidance de la déranger.
- Quand il fait frais comme ça, c’est excellent pour la santé, tu devrais en faire autant !
- Très peu pour moi, je connais d’autres moyens pour rester en forme !
Calyst sourit et tourna sa tête vers lui :
- Pourquoi tu ne dors pas ?
- On m’a raconté une histoire qui m’a révolté…
- J’espère que ce n’est pas une histoire de fantômes ! Je déteste les fantômes !
Le silence du dragonnier attisa sa curiosité.
- Murtagh, je te parle…
- C’est la tienne d’histoire, ainsi que celle de Lukan, avoua l’interpellé.
La jeune femme se releva brusquement et le foudroya du regard :
- Qui a bien pu…Ah oui, Attorio pour se venger ! Comme c’est puéril !
Elle épousseta les grains de sable collés à sa peau et commença à s’éloigner :
- Calyst ! appela Murtagh.
- Tais-toi !
Elle voulut s’enfuir mais il se lança à sa poursuite et la rattrapa sans peine. Le jeune homme lui attrapa fermement la main et la força à se retourner avant d’éprouver un choc à la vue de son visage, ravagé par les larmes.
- Calyst…
- Je ne veux pas t’entendre…sanglota cette dernière.
- Et moi, je veux des explications ! Je ne t’aurais rien dit car tu avais l’air d’avoir tourné la page mais regarde-toi !
- Lâche-moi, balbutia la jeune fille qui cherchait vainement à se dégager.
- Non…
La rôdeuse cessa de se débattre et le fixa rageusement de ses yeux rougis. Ils restèrent prostrés ainsi quelques secondes avant que Murtagh ne se décide à la relâcher en soupirant :
- Très bien, je te lâche mais je t’interdis de t’enfuir !
Malgré son envie de détaler à toute jambe, la voix brisée de son ami la retint près de lui et elle se contenta de se masser les poignets en le regardant avec méfiance. Quelque peu rassuré, le jeune homme reprit la parole d’une voix étrangement émue :
- Je sais que ça ne regarde que toi et je voulais juste te dire que je connaissais les circonstances de la naissance de ton fils mais quand je te vois ainsi…
Calyst détourna les yeux et sécha ses larmes mais c’était trop tard :
- Je n’ai qu’une envie : retrouver cet homme et lui faire payer ce qu’il vous a fait !
- C’est inutile, murmura la jeune fille d’une voix sourde. Si je le croise avant toi, je m’en chargerais moi-même !
Murtagh la regarda avec un petit sourire de satisfaction, enchanté qu’elle partage son avis. Mais il se rembrunit bien vite. La rôdeuse affichait un air si triste et torturé qu’il comprit très vite :
- Tu l’aimes encore, n’est-ce pas ?
- Je…
Elle se détourna quelques instants pour refouler ses larmes puis prononça d’une voix frémissante :
- J’ai l’impression qu’il est toujours ici, près de moi. Si je pousse la porte de ma cabine, je m’attends à le voir près de Lukan en train de jouer ou de lire un livre. Il était encore sur ce navire, il y a 6 mois…
Son menton trembla et elle se tut mais Murtagh poursuivit :
- Il est parti, Calyst…
- D’où cette irrésistible envie de lui planter moi-même une dague dans le cœur ! riposta la jeune fille en rivant sur lui des yeux enflammés par la colère.
Elle parcourut la baie du regard. L’eau qui s’étendait à leurs pieds miroitait de mille feux et une légère brise agitait les arbres qui bordaient la plage. Les bruits d’animaux nocturnes ne parvenaient pas à briser la tranquillité ambiante mais entre les deux jeunes gens, la tension était palpable.
- Tu n’as pas répondu à ma question, fit remarquer le dragonnier.
- Parce que je ne sais pas quoi te dire ! déclara Calyst avec un sourire forcé. J’ignore si je l’aime encore, j’ignore si je le reverrais ni ce que je ferais dans ce cas-là…
Elle leva la main d’un geste désespéré avant d’avouer :
- Tout ce dont je suis certaine, c’est qu’il a été le premier homme dont j’ai été terriblement amoureuse et le dernier aussi. Sans compter que c’est le père de Lukan…
Loin de rassurer le jeune homme, cette phrase l’enfonça un peu plus dans les ténèbres :
- Il t’a abandonné, toi et ton fils !
- Ce n’est pas comme si il m’avait laissé en pleine nature, murmura la rôdeuse, visiblement désemparée par l’attitude de son ami. J’étais parmi les miens…
- Je ne te comprends pas, répliqua Murtagh. Je serais ivre de colère à ta place !
- Je n’ai pas dit que je ne ressentais aucune rage à son encontre !
Le ton commençait à monter mais visiblement aucun des deux ne semblait décider à se taire. Le dragonnier ricana :
- Attorio avait raison ! Il t’a littéralement séduit ! Sous prétexte qu’il est bien plus âgé que toi, tout ce qu’il t’a fait doit être pardonné parce qu’il avait une excellent raison d’agir ainsi sans doute ?
Il ne vit pas la gifle arriver et regarda la jeune femme, hébété :
- Calyst…
- Comment oses-tu ? gronda l’interpellée. Insinuerais-tu que je sois naïve ? Tu ne me connais pas si bien que ça, Murtagh, et tu ne le connais pas non plus alors ne nous juge pas !
- Ce que je vois, hurla le dragonnier, hors de lui, c’est que toi comme ton fils vous en souffrez !
Se rendant compte qu’il criait, il s’arrêta, essoufflé, et dévisagea la jeune femme qui avait détourné les yeux et croisait ostensiblement les bras sur sa poitrine.
- Tu ne sais rien…
Elle pointa un doigt rageur sur le jeune homme et le frappa à plusieurs reprises en sanglotant :
- Mais qu’est-ce qui va pas chez toi ? Pourquoi te mêles-tu de cette histoire ?
Murtagh la regarda se défouler sur sa poitrine puis lui saisit délicatement les poignets :
- Je suis navré pour toi mais le peu d‘amis que j’ai, je les protège du mieux que je peux et tant pis si ça leur déplaît ! Il est plus que temps que tu tournes la page ! Tu n’oses même pas t’avouer à toi-même ce qui t’est arrivé ! Ce n’est pas ainsi que tu avanceras !
- Je sais ce qui nous est arrivé, cria la jeune fille en larme, il nous a abandonné !
Elle sanglotait et frappait le torse du jeune homme mais l’objectif était enfin atteint : elle était en train de se libérer de ses démons.
- Il m’a laissé toute seule alors que c’est lui qui m’a assuré qu’il serait toujours prêt de moi pour s’occuper de Lukan ! C’est lui qui m’a convaincu d’avoir cet enfant ! Et il m’a abandonnée à la merci de mon père avec un petit garçon dont je ne savais même pas m’occuper ! Ce n’est qu’un lâche !
Elle répéta ce dernier mot plusieurs fois avant de complètement s’effondrer sur le dragonnier qui l’attrapa par la taille et l’attira à lui. Il l’enserra tendrement et posa une main rassurante dans ses cheveux pour la calmer. Le corps de la jeune femme était secoué de sanglots et elle-même n’arrivait pas à articuler le moindre mot tant le flot de larme qui s’écoulait le long de ses joues était incontrôlable. Les mots que Murtagh lui chuchotait d’une voix douce parvinrent cependant à la calmer au bout de quelques minutes. Le dragonnier prit son visage entre ses mains et essuya les larmes qui en coulaient :
- Ca va mieux ? dit-il en souriant.
Elle hocha la tête et se laissa entraîner lorsqu’il lui saisit la main pour marcher un peu. Au bout de quelques mètres, la jeune femme prit la parole d’une voix brisée :
- Quand on a appris que j’étais enceinte, j’étais terrifiée. J’étais très jeune, je ne me voyais pas m’occuper de lui et ne parlons pas de la réaction de mon père ! Mais lui, il m’a pris la main et m’a remercié de lui offrir ce merveilleux cadeau. Je lui ai répliqué qu’il était hors de question qu’on le garde sans me justifier davantage mais il a très vite compris : Il m’a pris dans ses bras et m’a juré de toujours être près de moi. Alors j’ai laissé ce petit être grandir en moi pendant 9 mois…
La jeune femme se caressa le ventre, mélancoliquement :
- Il a tenu toutes ses promesses. Il m’a protégé de la fureur d’Amràn et il était de toutes les attentions pendant ma grossesse. Le jour de l’accouchement a été dur et douloureux mais je me raccrochais à la pensée qu’il attendait derrière la porte. Les trois ans qui suivirent ont été magnifiques : il adorait son fils et j’avais l’impression que son amour pour nous était sans limite. Mais quand je me suis aperçue que mon père avait scellé la voix de Lukan, je suis allée le chercher, persuadée qu’il pourrait résoudre ce problème et il était parti…
Elle resserra sa main sur celle de Murtagh et poursuivit d’une voix triste :
- Dès lors, Amràn reprit son contrôle sur moi, notamment en éloignant Lukan. Je n’ai pas vraiment eu le cran ni la volonté de résister et c’est quelques mois plus tard que nous nous sommes rencontrés tous les deux !
Le jeune homme la regarda, un peu surpris :
- C’est vraiment récent…Et Lukan ?
- Il le vit bien. Pour lui, son papa est parti lui chercher un très gros cadeau mais un jour, il sera en âge de comprendre !
- Qui sait ? Le crois-tu mort ?
Calyst secoua la tête, catégorique :
- Non, il est bien trop malin pour se faire prendre par qui que ce soit !
- Alors peut-être qu’il va revenir ?
- Il risque d’avoir une sacrée surprise, ricana la rôdeuse. Je ne suis pas la seule sur ce navire à avoir une dent contre lui. Et je ne me laisserais plus avoir par ses belles paroles !
- Tu es bien amère, nota Murtagh.
Mais la jeune femme ne répondit rien. Ils s’adossèrent à un rocher et s’assirent quelques instants, goûtant à la fraîcheur qui se dégageait de la pierre, avant que Calyst ne demande d’un ton malicieux :
- A toi maintenant !
- Quoi à moi ?
- Je t’ai raconté mes amours malheureux, alors c’est à ton tour !
Le dragonnier éclata de rire :
- Il n’en est pas question, nous n’avons passé aucun marché !
- C’était un accord de principe tacite ! Sinon, je fouille dans ton esprit !
- Tu n’y arriveras pas, répliqua-t’il d’un ton moqueur.
La rôdeuse fronça les sourcils et se concentra plusieurs secondes mais le jeune homme savait le défendre, et plus que bien. Il repoussait ses attaques comme des mouches et elle songea, vexée :
« Demain, je vais voir Thorn ! »
- Très bien, je dois donc t’obliger à me le dire !
Murtagh sourit et s’allongea sur le sable :
- Je ne te ferais aucun serment…
- Ca m’est égal, je trouve injuste que tu saches tant de choses sur moi et ma famille, sans compter les secrets que t’enseigne Attorio, tandis que moi en retour, j’ai cette impression de côtoyer un inconnu. Alors dis-moi une chose sur toi !
Le jeune homme la fixa et vit qu’elle semblait vraiment ennuyée. Mais qu’est-ce qui pouvait bien l’intéresser chez lui ? D’ordinaire, les gens le fuyaient et ne cherchaient pas à savoir si il avait été heureux, enfant, ou bien le nombre de fois où il était tombé de cheval. Il abdiqua en soupirant :
- Que veux-tu savoir ?
- Je te l’ai dit : parle-moi de tes amours !
- C’est très indiscret…
- Je te trouve mal placé pour faire des réflexions, répliqua Calyst qui se mit face à lui.
- Têtue !
- Borné !
Ils se dévisagèrent longuement avant que Murtagh ne se décide :
- Nous dirons que nous sommes quittes. Je te préviens, c’est court !
Mais la rôdeuse haussa les épaules, l’enjoignant à continuer :
- Bon, comme tu veux. J’ai connu beaucoup de femmes, tu as entièrement raison, en revanche je n’ai pas eu d’amour malheureux.
- Pourquoi ?
- Je ne les aimais pas. J’étais attiré le temps d’une nuit et le lendemain, elles disparaissaient aussi vite qu’elles étaient entrées dans ma vie !
- C’est d’un romantique, railla Calyst. Les femmes ne sont pas des objets, tu sais…
- Tu es en train de me juger ? fit le jeune homme en levant un sourcil. Je n’ai pas forcé ces demoiselles, qui plus est, cela valait sans doute mieux pour elles. Puis-je aimablement te rappeler que je suis un Parjure ? Je préfère ne pas te dire le sort que le roi réserve aux filles intrépides…
- J’imagine bien, répliqua son amie d’une voix sombre. Et Nasuada alors ?
- Quoi Nasuada ?
- Tu m’en as parlé à Uru’baen et elle ne semblait pas être n’importe quelle fille à tes yeux…
Le ton était innocent et désintéressé mais la rôdeuse tendait ces deux oreilles :
- Je ne sais pas, fit le dragonnier, pensif. Elle a été si gentille et attentionnée avec moi lorsque j’étais à Farthen Dûr que ça m’a bouleversé. De plus, elle possède un sacré caractère sans compter qu’elle est très loin de toutes les superficialités d’une cour…Elle connaît mon ascendance et je n’ai pas eu l’impression que ça l’ait rebuté. Pour toutes ses raisons, je la respecte bien plus que les autres femmes que j’ai connues et il est vrai que j’aimerais la voir, quand tout sera fini…Si elle le veut bien.
Il regarda Calyst qui le fixait attentivement, un petit sourire en coin :
- Quoi encore ?
- Rien, c’est peut-être ta façon à toi d’être amoureux !
Murtagh secoua la tête, agacé et se releva :
- Je rentre…
- Oh mauvaise tête, te voilà soudainement devenu timide ! rit son amie.
Elle le suivit et ils se chamaillèrent tout le long du chemin. Une fois sur le point de se séparer, la jeune femme se retourna et avoua les yeux brillants :
- Je te souhaite vraiment de trouver la personne qui te suivra tout le long de ta vie et je suis persuadée que ce sera quelqu’un de bien, qui t’aimera profondément. L’amour n’a pas que des désavantages, Murtagh, je suis contente d’avoir rencontré le père de Lukan… »
Ce dernier haussa les épaules et la salua avant d’aller se coucher pour méditer sur la nuit qu’il venait de passer.

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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Jeu 22 Mai - 11:28

CHAPITRE 23 :




« Eragon, cesse de te pencher sinon tu vas tomber ! »
Le sermon de Saphira fit sourire son ami qui se redressa. Arya et lui chevauchaient la dragonne depuis le lever du jour mais ils n’avaient échangé aucun mot, aucune parole et ne comptaient visiblement pas le faire dans les prochaines minutes. Le dragonnier ne cessait de jeter de rapides coups d’œil vers Rùmil qui montait un cheval noir en contrebas. Le jeune homme avait acheté sa monture dans une ferme qui se trouvait sur leur route et depuis, ils s’acharnaient à suivre l’itinéraire imposé par le cavalier. Ce dernier se taisait quand au lieu où ils se rendaient mais il semblait savoir parfaitement où aller. Arya avait questionné Eragon tout le long de la soirée mais ni lui ni la dragonne n’avait lâché le morceau. Si l’elfe avait découvert l’identité de leur nouvel ami, nul doute qu’elle aurait tenté de le tuer sans somation d’aucune sorte. Néanmoins, le regard suspicieux qu’elle lui lançait soulignait toute la méfiance qu’elle éprouvait à l’égard du jeune homme et Eragon sentait que la princesse n’avait pas dit son dernier mot.
« Il s’est arrêté ! » souligna Saphira qui amorça sa descente.
Ils se posèrent en douceur et Eragon s’approcha de Rùmil, sans remarquer qu’Arya restait en retrait.
- Que se passe-t’il ?
Le fils du roi regardait l’horizon, pensif. Au loin devant eux s’élevaient de gigantesques montagnes dont les sommets se perdaient dans les nuages. Une fois sur place, le jeune homme put voir au travers des parois couvertes de verdures qu’un étroit passage s’offrait à eux, sur lequel débouchait un tunnel, qui n’avait absolument rien d’engageant.
- Quel est cet endroit ? demanda durement Arya.
- C’est le passage obligé pour rejoindre ce que nous cherchons…C’est de l’autre côté !
- Comment le savez-vous ? Et quelle est cette chose que nous cherchons avec tant d’assiduité ? ironisa la princesse.
- Vous devriez le deviner pourtant, je ne pense pas que ce soit à moi de vous le dire, se moqua le jeune homme en dévisageant outrageusement l’elfe.
Celle-ci pinça les lèvres et fusilla Eragon du regard, comme pour le punir d’avoir amené cet impudent avec eux. Le jeune homme eut un pathétique sourire avant de se tourner vers Rùmil :
- Ca va être difficile pour Saphira de se glisser là-dedans !
« J’ai une taille de guêpe, je m’y faufilerais comme une petite souris dans sa tanière ! » affirma la concernée dans un grognement.
- Une fois dehors, tu auras un espace incroyable Saphira ! De plus, c’est un site protégé par la même magie que le Du Weldenvarden. Lorsque nous serons là-bas, le roi ne pourra nous atteindre mais Saphira ne peut s’y rendre en volant !
« Dans ce cas, un effort s’impose ! »
Mais Arya ne l’entendait pas de cette oreille :
- Qui es-tu ? Comment connais-tu toutes ces choses ? Je n’ai jamais entendu parler d’elfes qui vivraient de ce côté de l’Alagäesia alors comment toi, un simple humain, pourrais-tu le savoir ?
Tout son être vibrait et le regard qu’elle posa sur le dragonnier était sombre et chargé de tristesse. Il semblait dire « Pourquoi lui fais-tu confiance et pas à moi ? ». Le jeune homme eut un sourire d’excuse avant de questionner Rùmil :
- Il est vrai que tu es un peu trop mystérieux à mon goût également ! Il va falloir nous en dire plus si tu veux que nous nous engagions là-dedans !
Son interlocuteur lui lança un regard désespéré et Eragon renchérit :
- Oui, tu as été très honnête…Avec moi en tout cas mais je partage l’avis d’Arya ! Qu’allons-nous trouver là-bas ?
La concernée eut un sourire de satisfaction avant de croiser les bras sur sa poitrine. Rùmil inspira avant de lancer à l’adresse de l’elfe :
- Un chat-garou m’a révélé une bien étrange prophétie qui n’a trouvé sens à mes yeux seulement il y a deux jours lorsqu’Eragon et moi nous nous sommes rencontrés. Elle disait : Lorsque le shur’tugal arrivera devant toi, répare ton erreur et conduis-le vers la lumière qui te sauva autrefois ! Tu pourrais bien y retrouver l’oiseau que tu as perdu et pour l’Alagaësia, un nouvel espoir s’y trouvera !
Il marqua une pause mais Arya répliqua :
- Quelle erreur as-tu commise ?
Le dragonnier resta surpris par la suspicion de l’elfe. Encore une fois, elle le devançait. Lui ne s’était attardé que sur la partie le concernant comme la lumière mais elle posait une question qui semblait élémentaire. Cependant, le fils du roi ne se départit de son assurance pour autant :
- Rien qui n’est causé du tort à l’Alagäesia ou bien à la cause des dragonniers. Il s’agit d’une erreur qui n’engage que moi et une autre personne à qui j’ai causé du tort…Quand à la lumière dont il est ici question, vous la trouverez à l’autre bout de ce tunnel !
- De quelle sorte de lumière s’agit-il ?
- Cela dépendra de vous ! Chacun y trouvera un sens différent et ce n’est pas une lumière au sens propre !
- Qu’as-tu trouvé toi ? demanda le semi-elfe, curieux.
Le jeune homme se contenta de lui décocher un sourire mélancolique avant de reprendre :
- Quoi qu’il en soit, ce que vous trouverez de l’autre côté vous aidera dans votre quête et j’aurais rempli ma part du marché !
Arya et Eragon se dévisagèrent quelques secondes puis Saphira prit les devants. Elle s’avança près du passage et huma l’air avant de s’y engager avec difficulté :
« Ils n’avaient pas prévu que des dragons passeraient par là ou quoi ? » bougonna-t’elle.
Eragon traduisit la question mentale de sa moitié en pensant dérider Arya mais ce fut Rùmil qui répondit d’un ton énigmatique :
- En réalité, ce passage a sûrement accueilli plus de dragons que nul autre sur cette terre ! Encore que nous pouvons dire, lorsque nous aurons franchi ce tunnel que nous serons dans un autre monde…
- Un autre monde ?
- Un monde où nos règles ne sont plus en vigueur ! Mais pour cela, nous aurons quelques épreuves à franchir !
- Des épreuves ?
La dragonne stoppa net et Rùmil vint heurter une de ses puissantes pattes. Il poussa un juron avant de se retourner en se frottant le front pour voir que ses deux amis le fixaient avec un air de reproche :
- Tu ne nous a jamais parlé d’épreuves, accusa Eragon.
- Je t’avais dit qu’il nous cachait quelque chose ! murmura Arya tandis que Saphira claquait sa mâchoire.
- Enfin, vous vous doutiez bien qu’un tel lieu, si protégé, ne possédait pas seulement un tunnel comme barrière !
La remarque était teintée d’excuse mais Rùmil laissa échapper un ricanement ironique, amusé par les mines déconfites de ces interlocuteurs.
- Mais quels genres d’épreuves nous attendent exactement ?
- Rien d’insurmontable pour un dragonnier. Je ne peux dire en quoi elles consistent puisque moi-même, je suis passé par un autre chemin ! Ce sera une découverte pour nous tous alors croyez-moi : je ne nous aurais jamais conduit à la mort !
- Voilà sans doute notre premier obstacle, souffla Arya qui se retenait depuis un certain temps de ne pas lui sauter à la gorge :
Une minuscule lueur scintillante s’approchait d’eux, illuminant les parois rocheuses luisantes d’eau. Une voix caverneuse retentit, ricochant sur les pierres :
- Qui ose pénétrer dans ce sanctuaire et le souiller de son impureté ?
Rùmil regarda ses camarades avant de prendre la parole d’une voix assurée et de s’exprimer en ancien langage :
- Je m’appel…
- Douleur est ton nom et ton âme ! Repars sur tes traces avant de le regretter amèrement ! Ton avenir est sombre tout comme ton ascendance et ton amour est destructeur !
L’interpellé resta sans voix devant ce prodige avant d’annoncer sans aucun tremblement :
- Je suis venu récupérer ce qui me revient de droit et réparer ma faute. C’est ma pénitence…
Un grondement retentit et la présence semblait réfléchir. Eragon en profita pour demander :
- Que veut-il dire par Douleur est ton nom et ton âme ?
- Rùmil signifie Celui qui infligera la douleur dans un ancien langage très élaboré que peu connaissent, répondit Arya en appuyant sa réponse par un regard insistant.
« Restons sur nos gardes vis-à-vis de lui ! » renchérit sa dragonne.
Soudain, la lueur réapparut juste devant les yeux d’Arya :
- Tu es tellement loin de chez toi, princesse. Tu rejettes toutes les responsabilités qu’on souhaite t’imposer et tu vis dans le passé…Que viens-tu chercher en ces lieux ?
La jeune femme répondit d’un ton impassible :
- Je suis venu accomplir mon wyrd et accompagner un ami. Je remplis mon devoir à ma manière, n’en déplaise à mon peuple…
La lumière s’éteignit à nouveau et devant le regard interrogateur des deux jeunes hommes, elle haussa les épaules :
- Si ce sont des elfes, autant être sincère !
De nouveau, l’étincelle blanche se plaça devant le dragonnier :
- Eragon…Ce nom signifie tellement ici, te sens-tu prêt à porter ce fardeau, toi, descendant d’une famille perdue et dont le nom est traîné dans la boue ? Seras-tu celui qui plongera ce monde dans les ténèbres ou bien l’emmèneras-tu vers la lumière grâce à de nombreux sacrifices ?
Le concerné soupesa chaque parole et réfléchit aux mots qu’il prononcerait mais la voix s’adressa à Saphira :
- Tant d’années se sont écoulées depuis que tu as quitté ce lieu…Les racines que tu cherches sont bien ici mais tourne-toi plutôt vers celles que tu pourrais créer !
« C’est un vrai charabia !» souffla la dragonne.
« Il semblerait que tu sois déjà venue ici ! » expliqua Eragon.
Ils voulurent répondre comme l’avaient fait leurs camarades mais la lueur s’éteignit subitement, les plongeant dans les ténèbres. Soudain, le semi-elfe ne perçut plus aucune présence autour de lui, autre que la sienne. Le lien qui le maintenait en relation avec Saphira n’était pas brisé mais cette dernière semblait absente :
- Saphira ? Arya ?
Il continua d’appeler mais seule sa voix résonnait comme un écho. Il effectua alors quelques pas hésitants, ne sachant ou mettre les pieds. Illusion ou réalité, il l’ignorait mais le jeune homme avait l’impression de marcher au dessus d’un gouffre sans fin, comme si il flottait. Soudain, un bruit de pierre se fit entendre :
- Arya ?
Des pas précipités comme si quelqu’un courrait :
- Rùmil, c’est toi ?
Un ricanement, qui le fit frissonner tant il était dénué de vie, lui parvint aux oreilles avant de perdre dans les méandres des ténèbres.
« Saphira ! »
Quelque chose le frôla et le fit sursauter. Cette fois, il en était persuadé, quelqu’un se jouait de lui. Il voulut dégainer Gryffleyd mais celle-ci resta coincée dans son fourreau. Sentant la peur le gagner, il se força à inspirer :
« C’est donc une épreuve d’esprit ! » songea-t’il.
Fils de maudit…Le vent soufflait mais ne pouvait couvrir cette étrange voix qui lui vrillait les tympans.
« Ces paroles n’ont aucun sens… » se força-t’il à penser.
Eragon tomba à genoux, essoufflé. Il se vidait de ses forces pour ne laisser place qu’à une colère résignée :
- Qui êtes-vous ? Montrez-vous !
Son esprit s’embrouillait et Saphira semblait connaître quelques difficultés également puisque la peur l’envahissait.
Un être si jeune ne sauvera jamais personne, il est si faible et colérique…
- Taisez-vous…
Laissons-le à son triste destin…
Il s’écroula au sol, haletant, griffant le sol, afin de ne pas quitter prématurément cet endroit mais le froid engourdissait chaque parcelle de son corps.
Il est bien faible, comme la plupart des autres l’étaient de toute manière…
Un cri retentit. Un cri vibrant, strident. Un cri qu’il aurait reconnu entre mille.
- Arya ! rugit-il.
Le jeune homme se releva avec peine avant de fixer la silhouette blanche devant lui. Une voix ironique retentit :
- Un destin noir t’attend…jonché de morts qui te sont chers, de sang, de souffrance et de trahison ! Qui voudrait hériter d’un tel fardeau ? Laisse-toi aller et rejoins tes ancêtres avant de commettre l’irréparable !
- Ce que j’entends là…haleta Eragon, ce n’est pas mon futur ou une quelconque prédiction de votre part, comme je l’ai cru au départ. Ce sont des choses que l’on m’a dites auparavant ou que l’on a tenté par maintes fois de me faire comprendre…
Il reprit son souffle avant de poursuivre :
- Comme le fait que je sois jeune ou que je descende d’un Parjure !
Un rire aigu retentit mais le dragonnier plongea brusquement sa main dans la silhouette qui s’offrait à lui. Un sifflement strident le fit grincer des dents mais il resserra sa prise et dut fermer les yeux lorsque la pièce s’illumina brusquement. Lorsqu’il les rouvrit, Arya, Saphira et Rùmil se tenaient près de lui, aussi hébétés les uns que les autres. A leurs pieds se trouvait une pierre lumineuse : bleue pour la dragonne et son ami et verte pour l’elfe et Rùmil.
- Que s’est-il passé ? balbutia ce dernier.
- Je crois que nous avons remporté l‘épreuve, répondit la princesse d’un ton neutre.
Cependant, son visage était pâle et elle serrait ses mains de façon convulsive. La voix résonna de nouveau, comme pour répondre à leur attente :
- Chacun de vous a remporté l’épreuve qui lui était destinée…D’autres étaient prévus mais nous avons lu dans vos cœurs qu’un plus grand rôle vous attendait. Nos portes vous sont ouvertes…Sachez néanmoins, que dans ce que vous avez entendu, se sont glissés des prédictions qui ne tarderont pas à prendre vie !
Tous trois lâchèrent un imperceptible soupir de soulagement. Visiblement, chacun d’eux avait été secoué, tout comme Eragon qui peinait à se remettre. La poigne glacée ne quittait pas son cœur et une phrase tournait en rond dans sa tête :
Qui crois-tu sauvera l’agneau sacrifié…
Rùmil se racla la gorge avant de se décider à avancer. Saphira lui emboîta le pas et devant son silence, le jeune homme se risqua à demander :
« Qu’as-tu entendu ? »
« Entendu ? »
Sa voix vibrait de colère et de tristesse :
« J’ai entendu des rires de dragon qui se moquaient de moi ! J’ai entendu les gens dire que nous n’étions pas à la hauteur ! J’ai entendu tes cris d’agonie ! »
Elle se tut et rumina sa rage en silence. Eragon comprit alors combien elle s’était sentie faible, humiliée et blessée dans son orgueil. Elle aussi avait du se sentir impuissante et déstabilisée par ces agressions. Il se tourna vers Arya qui semblait ailleurs.
- Arya ? En quoi consistait ton épreuve ?
Il s’apprêtait à se faire rabrouer mais elle répondit d’une voix tremblante :
- Ils m’ont confronté à la déception de ma mère. Ma mère qui me croit incapable de me prendre en charge, incapable de me dévouer à mon peuple…Quand on pense que je leur ai consacré ma vie et que Faolin en est mort !
Elle se tut brusquement, furieuse d’en avoir trop dit mais le jeune homme la réconforta :
- Ils savent ce que tu as du sacrifier pour leur cause, j’en suis persuadé ! Moi, je le sais ! Tout cela n’était qu’une illusion !
La princesse lui adressa un sourire de remerciement :
- Sait-on vraiment ?
Ils continuèrent d’avancer dans le noir lorsque Rùmil pointa la sortie du doigt :
- On y est !
L’air frais leur rosit les joues et Eragon écarquilla les yeux :
- Nom d’un dragon, qu’est-ce que c’est que cet endroit ? »

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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Mar 27 Mai - 20:34

Un soleil clair illuminait la vallée verdoyante qui s’offrait à eux. Un immense lac aux eaux miroitantes et cristallines semblait les appeler pour qu’ils y plongent tête la première afin de rejoindre l’île qui se trouvait en son sein et la plage qui le bordait était couverte d’un sable fin et blanc. Du lierre grimpant recouvrait les rochers et les flancs des montagnes qui entouraient ce paradis. En descendant le sentier, les trois jeunes gens aperçurent un immense palais en contrebas, surplombant la plage. Bâti en pierres ocres, couvertes par endroit de plantes grimpantes, il soulignait une présence humaine qui se mêlait avec harmonie à la nature ambiante. Des cris de joies et d’enfants s’en échappaient, mélangés à des pas de courses effrénés. Cet endroit était d’une beauté apaisante et chaque monument, chaque objet avait été crée avec soin, que ce soit les motifs entrelacés qui ornaient les sols et les arches ou bien les balcons qui surplombait le lac, taillés avec finesse. C’était un lieu ouvert et comportant de nombreuses terrasses assez grandes pour accueillir un dragon. Arya et Eragon suivaient Rùmil qui s’avançait vers le palais d’un pas assuré mais son visage était blême, trahissant une légère angoisse. Soudain Saphira s’agita brusquement, elle écarquilla ses yeux clairs et trépigna sur place en claquant des dents :
« Là-bas, regardez ! »
Ils suivirent ses indications et rivèrent leurs yeux sur l’île qui trônait au centre du lac. Au-dessus d’elle, une dizaine de silhouettes reconnaissables planaient, jouant avec délice à des jeux aériens et plongeant dans les abîmes de la mer qui les entourait :
- Des dragons…souffla Eragon, abasourdi.
- C’est impossible, renchérit Arya, complètement perdue.
Mais le fils du roi ne put retenir un rire de satisfaction :
- Je vous l’avais dit !
Saphira s’apprêta à s’envoler pour les rejoindre mais tous les trois eurent le même réflexe :
- Il vaudrait mieux que tu restes ici…assura leur guide d’un ton inquiet.
- Il a raison, reprit la princesse. Je partage son avis…
Devant cette étrangeté, la dragonne replia ses ailes :
« Mais… »
- Ce sont des dragons libres et sauvages, expliqua Rùmil. Ils sont dangereux même pour une créature comme toi. Mieux vaut les rencontrer dans un autre contexte…
Saphira regimba et cracha pour montrer son désaccord mais Eragon s’approcha et lui flatta l’encolure :
« Il a raison ! Restons sur nos gardes, nous ne savons pas à qui nous avons affaire ! »
Elle grogna avant de donner un coup affectueux sur la joue du jeune homme pour lui montrer son affection mais il ressentait tout le tourbillon d’émotion qui l’agitait. Cependant il n’eut pas le loisir de s’y attarder pour la réconforter. Sur le parvis du palais, une assemblée pour le moins étrange les attendait. Au bout d’une rangée de soldats armés jusqu’aux dents, trois hommes et une femme étaient postés comme pour leur interdire l’entrée du bâtiment. Les hommes étaient grands et massifs et si les deux premiers étaient dans la force de l’âge, le troisième portait avec fierté de longs cheveux blancs qui tranchaient avec son habit noir. Loin d’être voûté, il se tenait droit et fier en fixant les arrivants de ses yeux verts pétillants. La femme se tenait en retrait et portait un étendard étrange surmonté d’un symbole noir. L’un des deux hommes prit la parole d’une voix grave et menaçante :
- Rùmil…Je croyais que nous avions été clairs la dernière fois !
Le jeune homme se tourna vers Arya et Eragon en désignant le vieil homme afin de faire les présentations :
- Voici Meldrän, le maître de ces lieux ! Et ses deux sbires Gackel et Valeyn qui ont une dent contre moi !
Ses deux amis le regardèrent, effarés. Elfe ou pas, ce peuple paraissait de toute manière surpuissant à bien des égards et parler ainsi semblait être un signe d ‘hérésie, sans compter l’inquiétante présence de dragons sauvages.
Gackel riva ses yeux sur les deux autres arrivants :
- Pourquoi les avoir amené ici ? Leur heure n’est pas encore arrivé !
- Si vous sortiez de votre bulle, répliqua le fils du roi, vous sauriez que l’équilibre de ce monde est bouleversé ! Il est grand temps pour vous d’intervenir !
Le visage lisse et imberbe du vieil homme frémit et l’un de ses accompagnateurs haussa le ton :
- Impudent ! Sois plus respectueux avec nous sinon il t’en coûtera !
- Vous ne pouvez pas me retirer ce que vous m’avez déjà ôté, riposta férocement le jeune homme.
L’homme s’apprêtait de nouveau à répliquer mais Meldrän eut un geste apaisant :
- Paix ! Cet endroit n’a jamais été un lieu de discorde et il n’a pas de raison de le devenir ! Avant tout, je crois que nous avons deux jeunes gens et une dragonne à accueillir comme il se doit, ajouta-t‘il avec un clin d’œil bienveillant en direction d’Eragon. Nous discuterons du cas du jeune Rùmil plus tard…
D’un geste, il les invita à pénétrer dans son imposante demeure avant de s’effacer à leur passage. Mais le regard assassin qu’il lança au fils du roi ne put échapper au dragonnier qui se jura de garder ce dernier à l’œil. Une fois à l’intérieur, il fut frappé par la beauté et néanmoins la simplicité des mobiliers. Des tapis colorés et chaleureux, des plantes, un ciel ouvert, des draperies de soie reliant les murs et le plafond entre eux, tout contribuait à souligner l’harmonie de cet étrange peuple. Même Arya semblait sous le charme car ce lieu n’avait absolument rien à envier à Ellesméra, bien qu’il soit très différent, plus humain que nature. Meldrän les invita à le rejoindre sur une des terrasses qui surplombaient la plage et ils s’assiérent près du balcon, admirant la vue incroyable que le lac dégageait. Seul Rùmil resta debout, complètement indifférent au paysage mais nul doute qu’il avait du s’oublier des heures à se perdre dans cette contemplation autrefois. Le maître des lieux les jaugea en silence, le visage indéchiffrable cependant le semi-elfe ne put s’empêcher de le briser en posant la question qui lui brûlait les lèvres depuis son arrivée :
- Ce sont bien des dragons que l’on aperçoit au loin ?
- Evidemment ! Séregon ne devrait plus tarder d’ailleurs, il a du être prévenu de votre arrivée !
Un rugissement puissant retentit, faisant trembler la terre et une silhouette massive atterrit brutalement sur le parvis. Eragon avait été soufflé par l’imposante musculature de Shruikan lorsqu’il l’avait aperçu mais le dragon présent devant lui le dépassait en tout point. Il se tenait sur ses pattes arrières qui étaient plus larges qu’un bœuf et son poitrail semblait épais comme de la maille. Ses griffes de même que ses crocs pouvaient sans nul doute transpercer une armure avec une aisance déconcertante, même forgée par le meilleur des nains. Sa tête était droite et fière mais l’un de ses yeux était vitreux, privé de vie par une balafre. Ses yeux noirs tranchaient habilement avec sa couleur de nacre pure, si immaculée que le soleil s’y perdait en reflets lumineux et étincelants. Une voix grave tonna dans leurs têtes et même Arya ne put retenir une grimace sous la force de cet impact :
« Ravi de te voir Meldrän ! »
- Séregon !
Tous deux inclinèrent leurs têtes pour se montrer le respect qu’ils accordaient l’un à l’autre. Puis le dragon fixa ses yeux ténébreux sur Saphira qui ne parvenait plus à contenir son impatience débordante et piaffait littéralement sur place. Elle ne semblait même plus réceptive aux appels de son dragonnier qui l’incitait au calme.
« Contiens-toi sinon la terrasse pourrait bien s’effondrer ! »
La phrase ironique du majestueux dragon eut le même effet qu’une douche glacée sur la jeune créature qui cessa aussitôt son manège. Alors qu’Eragon la réconfortait mentalement, Arya prit la parole d’une voix tremblante. A l’atterrissage de Séregon, elle avait pâli et effectué un brusque mouvement de recul mais la curiosité l’avait emporté sur la peur :
- Pardonnez-moi mais je pense que nous méritons quelques explications ! Où sommes-nous ? Qui êtes-vous, Meldrän ? Et…
La princesse pesa bien chaque mot avant de poursuivre :
- Comment se fait-il que des dragons soient ici ?
Un vague grondement échappa de la gorge de Séregon mais il répondit d’un ton posé :
« Et où devrions-nous être, Arya princesse d’Ellesméra ? Les humains et les elfes ne sont pas si tolérants que tu sembles le croire… »
-…Cependant, elle a raison , intervint Meldrän. Je suppose, qu’excepté Rùmil, vous vous posez beaucoup de questions.
- Vous semblez savoir tellement de choses, renchérit Eragon, que c’en est déroutant ! Et Rùmil est persuadé que vous pouvez nous aider !
Le concerné lui jeta un étrange regard avant de reporter son attention sur le dragon qui se tenait devant lui :
- Et vous Séregon…Nous sommes si étonnés de votre présence et celles de vos congénères !
« Oui, ta dragonne a montré quelques signes…d’excitation ! » ironisa la créature en étendant ses immenses ailes.
A la lumière du soleil, elles devenaient transparentes et les trous, signe de batailles féroces, n’ôtaient rien à leur splendeur. Meldrän soupira avant de faire un signe à l’un de ses accompagnateurs :
- Valeyn, nous allons avoir besoin de rafraîchissements.
Les traits de son compagnon se durcirent mais il s’inclina et s’éloigna. Le maître des lieux entama alors son récit d’une voix grave :
- Vous voici à Elanessë, que nous appelons communément le Sanctuaire. Nous nous sommes réfugiés ici, nous comme les dragons. Le monde de l’Alagäesia nous rejetait, nous l’avons fui pour survivre !
- Vous êtes le Peuple Gris, n’est-ce pas ? demanda Eragon d’un ton fiévreux.
Cette idée lui trottait dans la tête depuis pas mal de temps et tout concordait. Cette question n’était donc qu’une simple formalité, pour lui comme pour le vieil homme :
- Nous ne sommes que leurs descendants, c’est différent ! Ils avaient bien plus de pouvoirs que nous…
« Tu es trop modeste ! » ricana Séregon.
- Il est juste que vous sachiez qui nous sommes puisque nous connaissons tout de vous, poursuivit Meldrän en ignorant son ami.
- Alors vous savez que je vous cherche ? Vous savez que j’ai besoin de vous ?
- En effet. Et nous aurions pu t’aider si Rùmil n’avait pas bouleversé le destin qui t’était réservé…Bien qu’il ne soit pas le seul à blâmer dans cette histoire !
- Que voulez-vous dire ? fit Arya en fronçant les sourcils.
Valeyn revint avec un plateau garni d’eau et de fruits puis sur un signe de son supérieur, il s’éclipsa en en emmenant avec lui les autres membres de leur assemblée. Meldrän se servit un verre et entama son récit :
- Chacun de vous a entendu parler du Peuple Gris, je suppose et ton maître t’a appris notre existence il y a peu, mais commençons par le début ! Le Peuple Gris était là au commencement de toute chose, à la création même de l’Alagäesia. Ils ont fait partie des premiers peuples qui aient habité cette terre et l’autre peuple était celui des dragons !
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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Mar 27 Mai - 20:35

Séregon grogna pour marquer son approbation.
- Nous pouvons donc dire qu’ils étaient les premiers seigneurs de l’Alagäesia. Puis, suite à un accident que tu connais, fit Meldrän avec un regard appuyé vers Gryffleyd, le Peuple Gris a disparu après avoir créé Elanessë pour nous, leurs héritiers. Ils savaient que nous en aurions besoin. Ensuite, les elfes sont apparus, puis les nains et pour diverses raisons, nous avons du nous terrer ici. Les dragons nous ont rejoint peu après l’accord qu’ils avaient passé avec votre race, Arya.
« Cet accord, ajouta Séregon, mettait un terme à notre vie sur cette terre ! Nous ne pouvions vivre en harmonie avec les êtres aux oreilles pointues mais nous souhaitions la quitter en laissant une trace de nous ici-bas, comme les ancêtres de Meldrän l’avaient fait avec leur propre peuple ! Pour cela, certains d’entre nous ont du abandonner leurs progénitures aux mains des humains…»
« Mais c’est un mal pour un bien, assura Saphira d’une voix tremblante d’émotion. Nous aimons nos dragonniers mais cette ignorance de nos racines… »
« Tu aimes ton dragonnier ? regimba Séregon. Mais tu n’as jamais goûté à une vraie liberté, digne de ce nom. Tu es enchaînée à un mortel qui a, certes, acquis certains pouvoirs mais sans toi, ils sont faibles et c’est ainsi qu’ils usent et abusent du tien. Ils ont un pouvoir de vie ou de mort sur toi ! Tu peux mourir, ça ne changera rien pour lui mais si c’est l’inverse qui se produit, toi tu disparaîtras sans rien pouvoir y changer. Quelle vie misérable… »
Il rugit avant de s’ébrouer et Saphira voulut intervenir mais Meldrän l’en empêcha :
- Peu importe vos opinions, ce n’est pas pour cela que nous sommes réunis ! Sachez que nous avons toujours fait en sorte d’apporter notre contribution à ce monde notamment en envoyant certains des nôtres régler des conflits ou encore récolter des finances pour des royaumes indépendants comme le Surda…
- Mais vous pourriez mettre fin à une guerre ! s’offusqua Eragon. Avec votre puissance et vos connaissances…
- Encore une fois, nous ne sommes pas le peuple Gris. Où as-tu vu que nous étions puissants ? Nous ne sommes que de simples mortels et les elfes, par exemple, sont bien plus forts que nous !
Mais le dragonnier n’était pas convaincu :
- Vous avez dit que vous pouviez nous aider…
- C’est ce qui était prévu, en effet, mais vous deviez rencontrer d’autres personnes de notre peuple et sûrement pas ici à Elanessë ! Rùmil a chamboulé tous nos plans, une fois de plus !
Arya jeta un regard en coin au jeune homme, qui leva les yeux au ciel, agacé par le ton obséquieux de Meldrän :
- J’ai suivi mon instinct et j’ai fait ce que j’avais affaire ! Peu importe que cela vous déplaise…
- Oui, comme à ton habitude ! Ton égoïsme te perdra…
Le ton n’avait plus rien de cordial et leur querelle ne demandait qu’à éclater mais Saphira intervint et relança le seul point qui les intéressait, Eragon et elle :
« Comment pouviez-vous nous venir en aide ? Et surtout est-ce toujours le cas malgré l’intervention de Rùmil ? »
« Nous, les dragons avons senti que ce monde allait très bientôt être englouti par les ténèbres et même si nous ne vivons plus en Alagäesia, nous ne pouvons laisser faire une telle folie ! »
- Et il en est de même pour notre peuple…renchérit Meldrän, ne serait-ce que pour notre future génération qui a déjà commencé à naître, comme vous avez pu le constater.
Eragon ne put retenir un soupir de soulagement. Après cette découverte, il ne serait plus le seul espoir de la rébellion et il avait l’impression qu’un vide apaisant prenait possession de son cœur. Dès lors, la pression qu’on avait accumulé sur ses frêles épaules allait sans doute pouvoir trouver un chef digne de ce nom, parmi ce peuple, pour l’accueillir :
- Comment comptez-vous nous aider ?
- Il serait juste que tu commences par te demander de quelle genre d’aide tu as besoin.
Le dragonnier réfléchit. Pourquoi était-il venu ?
- Mon maître pensait que vous déteniez les clés de l’ancien langage et plus précisément des serments.
Voyant que Meldrän fronçait les sourcils, il se justifia rapidement :
- Mon frère est sous l’emprise d’un serment du roi et son dragon l’est également, ajouta-t’il à l’attention de Séregon.
« Eh bien tue-les ! » énonça froidement ce dernier.
- C’est mon frère mais bien avant que j’apprenne nos liens, c’était aussi mon ami, avoua désespérément le jeune homme.
Il se tourna, implorant, vers Meldrän qui se grattait la barbe pensive.
- Tu parles de Murtagh, le nouveau dragonnier de Galbatorix, n’est-ce pas ?
Il hocha la tête.
- Effectivement, c’est ennuyeux et je comprends que tu rechignes à l’éliminer mais si tu n’as pas le choix…
- On m’a assuré que vous pouviez m’offrir ce choix qui me fait défaut ! assena le semi-elfe, déçu de son manque d’enthousiaste.
Séregon s’ébroua avant de reprocher :
« Allons Meldrän, il existe bien une solution, je ne comprend pas pour quoi tu ne veux pas l’utiliser ! »
- La dernière fois que nous l’avons fait, nous avons dangereusement bouleversé l’équilibre d’Elanessë et quelqu’un en est mort donc je souhaite prendre mes précautions !
- Mais il existe un moyen ?
- Oui…
- Je veux le tenter !
- Eragon ! intervint la princesse elfe.
- Nous verrons cela demain de toute manière car il nous manque certains éléments pour pouvoir tenter l’expérience ! Vous êtes nos hôtes évidemment, des chambres seront donc préparés à cet effet et vous pouvez vous rendre où bon vous semblera…
Rapidement, il se leva et les salua d’un mouvement de tête avant de s’éloigner. Eragon et Arya le regardèrent, abasourdis, mais Rùmil ricana :
- Il n’aime pas dire au revoir ! Peu importe, si cela peut vous rassurer, c’était sa manière à lui de vous dire qu’il accédait à votre requête !
- Tu es sûr ?
- Certain…
Arya le fixa étrangement :
- Comment se fait-il que toi, tu sois déjà venu ici ? Et pourquoi Meldrän t’en veut-il, cela a bien failli nous coûter cher !
Le concerné haussa les épaules :
- C’est une vieille histoire mais je ne me faisais pas d’illusions. Je savais qu’il ne serait pas heureux de me voir !
Séregon, qui les observait, se tourna soudainement vers Saphira et sa voix grave retentit à nouveau :
« Viens avec moi petite Saphira, je crois que tu as des choses à apprendre et je pense que ton dragonnier n’y verra pas d’inconvénient ! »
Eragon sourit et encouragea une Saphira toute timide à le rejoindre :
« Il ne va pas te manger ! Et tu en meurs d’envie je le sais ! »
« Mais si jamais, ils ne me trouvent pas digne d’eux ? Ils sont tellement puissants ! »
« Tu l’es aussi ! » répondit Eragon en lui caressant les naseaux.
Saphira ronronna et les deux dragons s’approchèrent du bord de la terrasse avant de prendre leur envol. C’est le moment que choisit Arya pour faire une demande surprenante :
- Rùmil, si tu connais si bien cet endroit, pourquoi ne pas nous faire visiter ?
L’interpellé, d’abord surpris, esquissa un sourire et leur fit signe de le suivre. Il les entraîna au dehors et quelques minutes plus tard, ils découvraient chaque recoin de l’île qui recelait bien des surprises. Le jeune homme leur fit voir la baie d’Elmmùrë, les grottes du Tarvil’ et la mine d’Ascàl. Arya se montra fort curieuse à l’approche d’un porche ouvert où s’entraînaient des harpistes et Eragon voulut pénétrer dans la forêt de Linwëlin mais Rumil l’en empêcha, expliquant que cet endroit était ici pour refouler les intrus. Puis malgré leurs demandes incessantes, il les ramena au palais. Les cris qui s’en échappaient démontraient une impatience grandissante à la faveur d’un évènement inconnu à leurs yeux et ils observèrent l’agitation qui régnait avec surprise. Les enfants couraient en riant et les femmes s’affairaient en portant des draps de soie et maugréant qu’on aurait du les prévenir plus tôt. En croisant deux hommes qui se dirigeaient hors du palais pour atteindre le petit port d’amarrage situé à l’extérieur, Eragon saisit quelques brides de leurs conversations :
- Ils rentrent plus tôt que prévu…
- Il paraît qu’ils ont du nouveau qui pourra nous avancer dans nos recherches !
Intrigué, le jeune homme et Arya firent demi-tour pour suivre la foule qui se dirigeait vers le port mais s’arrêtèrent lorsqu’ils virent Rùmil rentrer dans le palais. Eragon lui cria :
- Où vas-tu ?
- Je vous rejoindrais plus tard…répondit ce dernier en amorçant un demi-tour.
Le dragonnier le regarda s’esquiver, interloqué avant de suivre Arya qui était déjà sur place. Il se fraya un chemin parmi la foule de gens et vit Saphira et Séregon atterrirent plus loin.
« Que se passe-t’il ? »
« Aucune idée… »
Soudain, une lueur blanche les aveugla et Eragon ferma les yeux, ébloui, avant d’entendre des exclamations de joie.

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MessageSujet: Re: Tome 3 d'Eragon   Dim 1 Juin - 13:19

Voici la suite^^Un autre chapitre bonus qui raconte les épreuves d'Arya et de Saphira !

CHAPITRE BONUS n°2




Arya se força à inspirer afin de ralentir les battements de son cœur affolé. Elle était plongée dans une obscurité totale et ne ressentait plus aucune présence autour d’elle, comme si Eragon et Saphira avaient brusquement été effacés de la surface de la terre. Même lui, ce fameux Rùmil, elle aurait été un peu rassurée de le percevoir à ses côtés mais lui aussi semblait n’avoir jamais existé. Elle avança à tâtons, l’air décidé, quand un vent frais lui fouetta le visage. Le sifflement se fit plus aigu, de plus en plus perceptible et la princesse tendit l’oreille en fronçant les sourcils. Son ouïe si fine la trahissait-elle ? Elle aurait pu jurer avoir entendu un rire…Tout en continuant d’avancer, le rire se fit plus précis et l’elfe reconnut des voix, des voix qu’elle identifia immédiatement.
« Mère… »
Encore une fois, tu m’as déçue…
Une boule se noua dans l’estomac de la jeune femme qui tenta de faire front.
- Qui êtes-vous ?
Tu as failli conduire ton peuple à la ruine en te faisant capturer par cet Ombre…Et faire échoir cet œuf entre les mains d’un paysan mortel de surcroît…
- Vous n’êtes pas ma mère ! répliqua Arya, cinglante.
Mais la boule qui lui obstruait la gorge soulignait la panique qui envahissait son esprit. La jeune femme ne cessait de se retourner, cherchant à deviner d’où venait cette voix. Elle inspira et tenta d’ignorer l’homme qui parlait. Elle reconnut le ton dédaigneux d’Efendel, un des conseillers de la reine :
Elle ne ressemble en rien à son père. Elle fera une mauvaise souveraine, elle est bien trop obstinée, à suivre ses propres idées…
- Mon père…
Les souvenirs qu’elle en avait resurgirent brusquement à la surface mais ils étaient bien trop nombreux et trop désordonnés pour les refouler. Ils s’insinuèrent dans chaque recoin de son esprit et elle se prit la tête entre les mains en gémissant :
- Arrêtez…
Les voix devinrent confuses et hurlaient leur honte, leur déception.
Elle n’est pas la princesse elfe que les oracles ont annoncé…Ce n’est pas elle que nous attendions…
Les ténèbres envahirent le cœur de l’elfe qui se sentit aspiré par un tourbillon d’obscurité. Le froid envahit son corps et elle tomba à genoux, la tête lourde et ankylosée, incapable de réfléchir. Le cri qui s’échappa de ses lèvres était perçant mais il ne parvint pas à la tirer de sa torpeur. Elle chuta lourdement au sol et resta prostrée ainsi, haletante. Alors qu’elle perdait peu à peu conscience, la princesse crut entendre une voix familière au loin, comme un chuchotement porté par le vent.
Arya…Arya…
Elle se releva en grimaçant, brisant les barrières invisibles qui la maintenaient au sol.
- Eragon !
Arya appela de plus en plus fort comme pour se donner du courage et de la force et malgré l’absence de réponses, elle sentait son énergie revenir et la vitaliser.
Arya, peu importe que tu ne partages pas mes sentiments, ton amitié m’est plus précieuse encore…J’ai confiance en toi…
Cette phrase sonna comme une douce mélodie à ses oreilles. Une fois de plus, ce jour là elle avait voulu l’éviter mais il l’avait rattrapé et lui avait dit ces mots d’une voix suppliante. Ce qu’elle appréciait le plus chez lui, c’était sa sincérité et sa droiture. Les yeux qu’il avait posé sur elle avaient abaissés toutes ses barrières de défense. Elle, qui avait décidé de s’éloigner, de sacrifier son amitié pour lui afin qu’il accomplisse son Wyrd, fut déboussolée. Cependant, elle décida à l’avenir de ne plus s’éloigner d’Eragon, l’ami le plus cher à son cœur, et de l’assister dans sa tâche du mieux qu’elle pouvait. Une douce chaleur s’insinua en elle, une chaleur qu’elle avait déjà sentie auparavant et qu’elle pensait ne plus jamais ressentir. Les ténèbres qui l’avaient englouti se dissipèrent lentement et une lueur aveuglante l’éblouit. Quelques secondes plus tard, elle sentit un regard sur elle et son cœur fit un bond de joie en voyant que le dragonnier était sain et sauf.

Saphira huma l’air, agitée et inquiète. Ou était Eragon ? Pourquoi ne sentait-elle plus aucune présence ? Et quelle était cette étrange odeur qu’elle flairait ? Comme un parfum de mélancolie…Et cet endroit…Ses pattes ne touchaient plus aucune pierre et elle pouvait étendre ses ailes ou lever la tête sans heurter de paroi. Visiblement, elle n’était plus dans le tunnel, les autres y étaient sans doute encore. La dragonne se rendit compte que son cœur menaçait d’éclater tant il battait à la chamade. Etre séparé aussi brutalement de son dragonnier la déchirait, comme si une part de son âme était déjà partie dans l’autre monde. L’odeur s’accentua et lui agressa les naseaux. Elle cracha et émit un grondement pour dissuader ses éventuels adversaires mais si une présence se faisait effectivement ressentir, elle ne se montrait pas et semblait irréelle. Sa voix mentale résonna, menaçante :
« Montrez-vous ? Je vous sens d’ici, inutile de vous cacher ! Et où est mon dragonnier ?»
Un rire gutturale lui répondit, moqueur et ironique, comme pour montrer le ridicule de sa demande.
Saphira…Une prétendue « vraie » dragonne…Qui ne peut même pas vivre sans son mortel…
« Des dragons ? »
La créature piétina sur place, partagé entre la surprise, la liesse et la peur. La puissance qui envahissait ce lieu mystique la clouait au sol et elle se repliait sur elle-même pour pouvoir résister à une telle force. Elle ne pouvait même plus étendre ses ailes pour effrayer ses opposants. Un rugissement retentit.
Pas à la hauteur et il en mourra…Docile comme un chien et gentille comme un agneau…Elle ne survivra pas au règne du Grand Noir…Nous ne pourrons pas compter sur elle.
« Taisez-vous ! »
Le froid engourdissait ses ailes et s’infiltrait par ses naseaux, refroidissant le sang chaud qui s’écoulait dans ses veines. Elle s’aplatit un peu plus au sol, suffocante et souleva des nuages de poussière blanche avec sa respiration irrégulière.
Trop jeune…Regardez-la, elle n’est pas suffisamment développée et bien trop petite…
Cette phrase fut ponctuée de cris de douleur et d’agonie qui lui transpercèrent le cœur.
« Eragon ! »
Il mourra de sa faiblesse et elle n’y survivra pas…
Le râle d’agonie du jeune homme souffla à ses oreilles comme une dernière supplique et elle sentit la terreur prendre possession de sa conscience :
Saphira…
La flamme de vie s’éteignit et les yeux de la dragonne se fermèrent malgré elle. L’essence d’énergie qui s’écoulaient il y a peu jusque dans les membranes de ses ailes disparut et dans un dernier soubresaut, une lame invisible s’enfonça dans son cœur, lui ôtant la dernière parcelle de vitalité qu’elle transportait en elle. Le silence s’installa et l’obscurité emporta le corps de la dragonne, inerte. Elle se laissa emmener, doucement et s’apprêtait à quitter cette terre. Son petit homme n’était plus là alors à quoi bon ? Sa raison de vivre venait de s’éteindre aussi subitement que la flamme d’une bougie. Soudain, une voix familière susurra à son oreille :
Tu auras des choses à accomplir mais tu les accompliras la tête haute, j’en suis persuadé…
Glaedr ! Saphira rouvrit les yeux brusquement. C’était son maître, elle en était certaine. Oui, elle avait des choses à faire comme libérer son « frère », Thorn. Elle voulait aussi restaurer la lignée des dragons, c’était son Wyrd à elle, la dernière des dragonnes. Et surtout, Eragon avait besoin d’elle, il l’avait dit. Elle remua pour réveiller ses membres ankylosés et tenta de se lever avec peine. Un rire moqueur retentit mais Saphira laissa éclater sa rage dans un puissant rugissement et se redressa fièrement en grondant et les sobriquets cessèrent aussi sec. Saphira ne put retenir un sourire de fierté, comprenant qu’elle avait passé brillamment l’épreuve. Une lueur blanche l’aveugla et c’est avec soulagement qu’elle sentit que le lien qu’elle possédait avec son dragonnier venait d’être rétabli. Elle s’avança lentement vers la lueur et ferma les yeux pour ne pas être éblouie.

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